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Quand les guerriers païens cherchaient le Graal

2218175a41679a2fa6f0c734750c2d3f.jpgLe Graal … tout le monde le connaît … cette coupe dans laquelle Jésus-Christ aurait partagé son sang avec ses disciples … ce saint calice ramenant à la vie, apportant prospérité et force à la personne ou au royaume qui le possède … cet objet que tant de chevaliers, rois, empereurs et dictateurs ont cherché à s’approprier … tous l’identifie à la quête des Chevaliers de la Table ronde de la légende arthurienne …

Pourtant, si nous n’avons pas tous les éléments concernant le personnage semi-historique semi-mythologique du Roi Arthur, nous situons tout de même la plupart des évènements relatifs à son histoire dans le Vème et VIème siècle de notre ère. Or, la célèbre quête du Saint Graal a été ajoutée à cette légende bretonne par Chrétien de Troyes, au XIIe siècle ! Nombreux sont les historiens qui pensent que le Graal, importé comme la religion chrétienne du désert proche oriental, n’a en fait que remplacé un autre objet, originaire lui de nos forêts "euro-païennes": le chaudron de Dagda !

Dagda, le Dieu Bon, "le Père Puissant qui combat par l’If", est le Dieu Druide du Sacré et des Sciences. Ce Dieu celte possède, entre autres objets insolites et magiques, un chaudron. Le chaudron de Dagda apporte abondance de nourriture, pouvant rassasier une armée ou un royaume entier. Il symbolise la force et la souveraineté, il offre le savoir universel à celui qui y boit et permet également de ressusciter les morts qui sont plongés dedans. Le lien avec le Graal, apportant vie et prospérité, est évident … Et l’on retrouve, parmi toutes les histoires concernant le roi Arthur de flagrantes similitudes avec la mythologie celte. Le Graal nous fait certes penser au chaudron du dieu Dagda, mais la lance vue par Perceval à proximité du Graal dans le roman de Chrétien de Troyes, qui serait celle par laquelle Jésus fut transpercé sur la croix, nous rappelle la lance du Dieu Lug, l’attribut de la royauté. On retrouve également parmi les Dieux celtes, Nuada, qui a une épée très puissante, symbolisant le pouvoir royal, comme le fait Excalibur. Et puis il existe encore la pierre de Fal, qui criait sous chaque roi de Thulé ou d’Hyperborée, symbole de sa légitimité, rappelant l’histoire du jeune Arthur qui tira l’épée de la roche pour devenir le roi légitime des Bretons. Mais sans trop nous disperser, revenons au seul sujet du Graal. On peut lui trouver énormément de points communs avec d’autres légendes puisées dans le passé d’une Europe polythéiste, et en voici des exemples :

Si le Graal, que recherchent tant les hommes, contenant le sang du Christ, nous fait penser au chaudron de l’abondance, il suffit de peu pour penser également au nectar des Dieux Gréco-romains, à l’ambroisie qui leur sert de nourriture, à l’hydromel des dieux scandinaves rendant les hommes forts au combat et permettant d’accéder à l’immortalité. Selon certaines versions de la légende hellène, la mère du plus grand héros antique aurait trempé son fils dans la boisson divine afin de rendre sa peau impénétrable, en le tenant par le talon, qui resterait le seul et unique point faible d’Achille. Dans la mythologie germanique ou scandinave, respectivement Siegfried ou Sigurd se baigne dans le sang du dragon Fafnir pour rendre sa peau également insensible à la douleur, oubliant son épaule, ce qui causera sa mort. Le chaudron de la connaissance, apportant science et savoir à celui qui y boit, nous fait aussi penser au puits Urd, gardé par Mimir, dans lequel le Dieu Odin aurait bu pour acquérir toute sa sagesse. Mais pour obtenir la connaissance, il faut y mettre le prix. Si Odin a dû payer par l’un de ses yeux le droit de puiser la science, s’il a dû rester suspendu 9 jours et 9 nuits à un arbre, les chevaliers du Roi Arthur, eux, auraient sacrifié grand temps et versé beaucoup de sang avant de trouver le Saint Graal.

Si la quête du Graal a été intronisée à partir du XIIe et XIIIe siècles par des chrétiens, et si cet objet appartenait à Jésus de Nazareth, "roi des Juifs", les Européens avaient depuis des siècles déjà recherché chez leurs anciens dieux cette boisson si mystérieuse pour les guerriers, les rois et les sages, ce sang rendant l’âme immortelle et la chaire résistante, ce récipient divin aux pouvoirs exceptionnels, cette véritable arme contre la peur, la douleur, la famine, la maladie ou la mort …

Mais quelle est cette quête si importante à nos yeux ? Pourquoi cette recherche acharnée de notre peuple pour un objet venant des dieux, un remède à tous les problèmes du commun des mortels, une magie nous sauvant de notre condition humaine … Cette quête est celle de soi-même, celle de nos origines, celle d’une révélation mystique, ésotérique ou religieuse, d’une connaissance et d’une force sans fin … C’est la manière pour l’homme de se rapprocher des mystères de la création, des mystères de la vie et de la mort, et un outil pour se sentir plus puissant face à tous les problèmes que nous pouvons rencontrer. Chercher ce Graal, c’est chercher la raison de son existence ; chercher ce chaudron, c’est chercher la connaissance, la force et la longévité ; chercher ce nectar, c’est se rapprocher de la spiritualité ancestrale. Cette quête, on ne peut la faire qu’en explorant son histoire, en traversant le temps, en découvrant son passé et en déterrant ses véritables racines.
"Deviens ce que tu es", certes, mais pour cela, commences par "connais-toi toi-même" …


Arthur Lorc’h

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