jeudi, 06 septembre 2007

Le chef de l'Otan veut plus de forces dans le Sud afghan

40dc745d4622357d0d6d875a5ec9fc8e.jpgLe secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, se dit déçu que certains membres de l'alliance ne fournissent pas de troupes pour combattre les taliban dans le sud de l'Afghanistan, région la plus dangereuse du pays.


S'exprimant lors d'un dîner à la City, le quartier financier de Londres, il a estimé que les membres de l'Otan devaient faire preuve de plus de solidarité et il a dit qu'il "applaudirait" une éventuelle décision de la France de rejoindre les structures militaires intégrées de l'alliance.

"Je suis déçu (...) que certains des alliés, parmi lesquels d'importants alliés, ne veuillent pas aller dans les endroits où il y a des combats, même s'ils sont eux aussi victimes d'engins explosifs improvisés et d'attentats suicides", a-t-il dit.

La Grande-Bretagne fournit la plus grande partie des soldats de l'Otan combattant les talibans dans les provinces du sud du pays, aux côtés de soldats canadiens, néerlandais et américains.

Les violences se sont intensifiées au cours des 19 derniers mois, la période la plus meurtrière pour les troupes étrangères depuis le renversement du gouvernement des talibans en 2001 par les forces sous commandement américain.

Quelque 50.000 soldats sous commandement de l'Otan et des Etats-Unis combattent les taliban et leurs alliés d'Al Qaïda.

La Grande-Bretagne fait pression sur les autres pays de l'Otan pour qu'ils fournissent davantage de soldats pour le Sud. Son Premier ministre Gordon Brown a plaidé cette semaine en ce sens.

"Oui, c'est vrai que davantage de pays devraient également participer aux opérations dans le Sud. Je dis cela avec le plus grand respect pour les 26 alliés (...) qui sont actifs en Afghanistan", a déclaré de Hoop Scheffer.

LES PROPOS DE SARKOZY JUGÉS "REMARQUABLES"

Il a ajouté que la reconstruction et le développement de l'Afghanistan pourraient prendre plusieurs générations, et qu'une présence militaire était pour l'heure essentielle.

Perdre le combat en Afghanistan permettrait aux talibans et aux islamistes d'Al Qaïda de reprendre le pouvoir et d'augmenter le risque d'actions terroristes dans des pays occidentaux, a-t-il argué.

"Je ne vois aucune alternative sérieuse à la présence militaire des forces de l'Otan sous mandat de l'Onu en Afghanistan."

Interrogé sur le degré d'importance qu'aurait à ses yeux un retour de la France dans les structures intégrées de l'Otan, il a répondu : "(Ce serait) très important. Mais c'est une décision qui appartient aux Français, au gouvernement français, au président français."

La France s'est retirée de la structure militaire intégrée de l'Otan en 1966. Elle a rejoint entretemps le commandement militaire de l'Otan, en 1993, mais demeure en-dehors de sa structure intégrée.

De Hoop Scheffer a jugé "très intéressants" et "remarquables" les propos tenus par Nicolas Sarkozy la semaine dernière devant les ambassadeurs de France concernant la relation entre la France et l'Otan.

Le président français a estimé qu'une politique de défense européenne indépendante était compatible avec un fort engagement dans l'Otan et il a fait savoir qu'il souhaitait agir "pour la rénovation de l'Otan et de sa relation avec la France".

"Je crois qu'il y a les éléments d'un dialogue très constructif avec les Français. Une réintégration, un retour dans les structures (militaires intégrées) est une décision qui appartient aux Français", a déclaré le secrétaire général de l'Otan.

"Une fois de plus, je ne peux nier que j'applaudirais une telle décision, mais je ne peux influencer la vitesse du processus."

Source du texte : L'EXPRESS.FR 

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