jeudi, 31 mai 2007

Le Juncker d'acier : une animation archéofuturiste



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mercredi, 30 mai 2007

Le cinéma nippon réhabilite les kamikazes avec une ode patriotique

Dans le sillage du “Yamato”, superproduction de 2005 sur un célèbre cuirassé géant coulé lors d’une mission suicide en 1945, le cinéma nippon glorifie aujourd’hui les kamikazes dans un film à gros budget écrit et produit par le maire de Tokyo, Shintaro Ishihara.

08215f240a11940eb872f18e5aa7bb72.jpg“Pour Ceux Que Nous Aimons” est une oeuvre emblématique du Japon de Shinzo Abe, le jeune dirigeant conservateur qui veut bâtir une “belle nation” sur le retour aux valeurs traditionnelles, notamment le patriotisme.

Ce film à grand spectacle - dédié “à la bravoure et à la beauté de la jeunesse- est sorti le 12 mai dernier sur 326 écrans. Les studios Toei escomptent 2 millions de spectateurs et 2,5 milliards de yens (15,2 millions d’euros) de recettes sur les cinq premières semaines d’exploitation.

“Le film attire des spectateurs très variés, des adolescents jusqu’aux septuagenaires. C’est un public qui se dit très intéressé par l’Histoire”, assure un porte-parole de Toei. 

Nul autre que le nationaliste Shintaro Ishihara, 74 ans, était mieux placé pour produire un film à la gloire des jeunes kamikazes qui tentèrent en vain d’empêcher l’inéluctable défaite du Japon.

Ishihara, romancier à succès avant de faire de la politique, a lancé le projet il y a huit ans.

C’est lui qui a choisi le metteur en scène, Taku Shinjo, 63 ans, originaire d’Okinawa, pour tourner son script avec un budget de 1,8 mds de yens (12,4 M EUR).

“Sans Ishihara, nous n’aurions jamais pu de faire le film et attirer des stars”, reconnaît M. Shinjo.

Le film se base sur des interviews de M. Ishihara avec Mme Tome Torihama, surnommée la “mère des kamikazes”, qui tenait un restaurant à Chiran, base aérienne du sud du Japon d’où décollèrent 439 kamikazes.

356d10590ac9ee11ad7819b531b57835.jpgDécédée en 1992, Mme Torihama - interprétée par la grande actrice Keiko Kishi - était devenue une mère de substitution pour ces jeunes aviateurs, souvent des étudiants, avant leur ultime envol.

Le film est une suite de sketches sur la dernière nuit d’une unité, tirés de faits réels et décrivant des héros fortement stéréotypés: un pilote qui échoue à remplir sa mission, un Coréen qui va mourir pour l’Empereur du Japon en fredonnant une célèbre chanson coréenne. 

Taku Shinjo se défend d’avoir fait oeuvre de propagande nationaliste : “Ce n’est pas un film politique. J’ai voulu dépeindre des jeunes gens qui se sacrifièrent pour défendre leur pays. Je n’ai pas voulu biaiser la réalité historique ni glorifier les kamikazes. Ce n’est pas un film d’extrême-droite”.

“Les Japonais ne savent rien de ce qui est arrivé pendant la Seconde Guerre mondiale”, déplore-t-il. 

Près de 4.000 kamikazes trouvèrent la mort au manche de leur avion lesté de bombes de 250 kilos, souvent abattus par l’ennemi américain avant d’atteindre leurs cibles entre le 25 octobre 1944 et le 15 août 1945.

Le mot kamikaze signifie “vent divin”, en référence aux typhons providentiels qui détruisirent les flottes d’envahisseurs mongols au 13e siècle. Mais les pilotes-suicide sont connus au Japon sous le nom de “tokkotai” (de “tokko” : unité d’attaque spéciale).

Au lendemain de la guerre, les ex-kamikazes, souvent culpabilisés d’avoir survécu, se sont fait discrets, témoins embarrassants et stigmatisés, tout en continuant de hanter l’imaginaire d’un Japon qui voulait les oublier. 

“Pour Ceux Que Nous Aimons” est la dernière superproduction nippone à revisiter des épisodes sanglants de la Guerre du Pacifique (1941-45) en vantant des valeurs patriotiques taboues depuis la défaite.

Soixante ans après, ces films sont représentatifs d’une nouvelle vision du passé de plus en plus en vogue, qui a tendance à réhabiliter ces jeunes pilotes ou marins qui par leur sacrifice ont permis – c’est le message – après la guerre le réveil du Japon, devenu démocratie pacifiste et géant économique.

Certains historiens parlent de “nationalisme cicatrisant”, beaucoup de Japonais ayant perdu confiance dans leur pays pendant la stagnation économique des années 1990 et cherchant à se rassurer dans le patriotisme.

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La Turquie et le projet de Gazoduc caspien

A la mi-mai 2007, les présidents russe, kazakh et turkmène ont convenu de préparer un projet d'accord intergouvernemental portant création du consortium pour la construction du gazoduc caspien. Cette décision touche aux intérêts de plusieurs pays européens, des Etats-Unis et de la Turquie, et ne peut qu'influer sur les rapports de la Russie avec ces pays.

81d7189b6912ef56f93749f1e91ac01a.jpgRappelons que l'objectif de ce consortium consiste à garantir un accroissement du débit du gazoduc en activité Asie centrale - Centre 4 (Russie centrale), à 10 milliards de mètres cubes par an contre 1-2 milliards actuellement, en posant un nouveau tronçon de cette conduite le long du littoral est de la Caspienne. Quant au débit du gazoduc Asie centrale - Centre 3 qui relie les réseaux turkmène, ouzbek et kazakh au réseau russe, il devra être porté à 20 milliards de mètres cubes par an. Résultat, le Gazoduc caspien unifié rénové sera en mesure de transporter vers la Russie, à l'horizon 2014, jusqu'à 90 milliards de mètres cubes de gaz centrasiatique par an contre 60 milliards de mètres cubes aujourd'hui.

La construction du Gazoduc caspien revient aussi à réduire au minimum les chances de réalisation d'un autre projet, celui de Gazoduc transcaspien, un ouvrage alternatif qui suppose le transport du gaz d'Asie centrale vers l'Europe par le Caucase du Sud et la Turquie en contournant la Russie. Les Etats-Unis et les pays d'Europe occidentale sont justement intéressés à la construction du Gazoduc transcaspien. Même si les présidents turkmène et kazakh n'écartent pas l'éventualité de l'examen, à terme, de ce projet, les experts russes affirment que les réserves gazières centrasiatiques ne suffiront tout simplement pas pour une deuxième conduite.

L'accord des trois présidents a rappelé à coup sûr aux hommes politiques turcs les événements d'il y a presque dix ans. Peu après la signature, avec la Russie, en 1997, de l'accord sur la construction du gazoduc Blue Stream, Ankara, qui ne cachait pas sa volonté de diversifier ses sources d'approvisionnement, avait convenu avec le Turkménistan de construire le Gazoduc transcaspien, d'un débit égal à celui du Blue Stream, soit de 16 milliards de mètres cubes par an. Compte tenu de la capacité du marché turc et de la portée géostratégique que présente la Turquie pour la Russie, Moscou devait réagir avec résolution à l'époque: dans de nouvelles conditions, il lui fallait préserver son rôle dominant sur le marché turc, de même que sa supériorité éventuelle dans le commerce mondial de gaz.

Résultat, la Russie et le Turkménistan avaient signé un accord de 25 ans sur l'achat par la Russie de la totalité du gaz turkmène qui n'était jusque-là pas pris en compte dans les contrats en vigueur à l'époque. La Turquie devait se contenter de l'Iran pour diversifier ses sources d'approvisionnement, au moyen d'un gazoduc d'une capacité de 10 milliards de mètres cubes par an. Actuellement, les prévisions sur les achats turcs de gaz turkmène restent très floues, et ceux-ci n'auront probablement même pas commencé en 2020.

La Russie cherche à conforter ses positions dans le cadre des accords avec le nouveau président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov, avec le soutien du Kazakhstan. Même à supposer que la signature de la déclaration des trois présidents ait mis une croix sur le Gazoduc transcaspien, les rapports russo-turcs dans la sphère de la coopération gazière ne sont pas dans un état désespéré, loin de là. Au contraire, une nouvelle impulsion pourrait justement leur être conférée. L'augmentation des achats russes de gaz centrasiatique ouvrira de nouvelles possibilités pour les fournitures de gaz à l'Europe en provenance de Russie, notamment par le territoire turc, dans le cadre du projet Blue Stream-2.

Cet itinéraire devrait doubler le gazoduc existant, mais du port de Samsun, par un embranchement, le gaz "coulera" vers le sud du pays puis vers Israël et, par un autre, vers l'ouest, en direction de l'Europe. Il est vrai que les chances de réalisation du projet Nabucco, en vertu duquel le Gazoduc transcaspien doit déboucher sur l'Europe du Sud et centrale, se présentent comme douteuses.

Et même si les intérêts de la Turquie en tant que pays transitaire de gaz naturel ne seront pas lésés en l'occurrence, elle ne pourra de toute évidence éviter une montée des tensions dans ses rapports avec l'Europe. Car la question la plus importante pour l'Europe, celle de la diversification de ses sources d'approvisionnement en gaz naturel, restera ainsi sans solution.

Il se peut qu'un compromis - dans le cadre duquel le monopole gazier russe dans la région pourrait perdre son caractère très prononcé - réponde mieux aux intérêts de la Turquie. Mais cela ne relève pas des rapports russo-turcs. Et si Moscou réussit à réorienter sur soi le gros du gaz centrasiatique, la Turquie ne devrait pas renoncer à l'accroissement du transit de combustible bleu russe par son territoire.

Si la coopération des deux pays a une suite, cela aura un effet positif sur le projet d'oléoduc Samsun-Ceyhan qui a pour vocation de lever les tensions dans les rapports russo-turcs au sujet du goulet d'étranglement des détroits turcs. Rappelons que la Turquie qui avait imposé des restrictions au passage de pétroliers par le Bosphore et les Dardanelles, propose de construire cet oléoduc en tant que solution de rechange pour les exportations pétrolières russes. Jusque-là, Moscou était enclin à considérer en qualité d'alternative uniquement l'oléoduc qui devra passer par les territoires de la Bulgarie et de la Grèce (oléoduc Bourgas-Alexandroupolis). Mais, dans un contexte marqué par l'élargissement général de la coopération économique russo-turque, l'intensification du dialogue avec la Turquie sur la question du transport de pétrole russe devient possible.

Il s'ensuit que les rapports russo-turcs ne souffriront pas et même pourront recevoir une nouvelle impulsion. La question est de savoir comment se développera le dialogue entre la Turquie et l'Europe, y compris sur le thème du gaz. La pratique montre en effet que ce dialogue n'échappe pas à l'influence d'autres acteurs, au nombre desquels on trouve non seulement la Russie mais aussi les Etats-Unis. Il se peut que les intérêts régionaux de Washington s'appuient à terme uniquement sur l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan. Dans le même temps, cela signifie la nécessité d'accepter une présence russe plus importante dans la région caspienne et en Asie centrale, de même que dans le commerce mondial de ressources énergétiques dans son ensemble. D'ailleurs, c'est ce que devront faire non seulement les Etats-Unis mais tous les autres acteurs.

 

Natalia Oultchenko

Institut académique russe d'études orientales

Source du texte : RIA NOVOSTI 

  

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La Russie annonce le tir d'essai d'un nouveau missile intercontinental

2c9a2f84e7ae3df6de4b044fc9173660.jpgEn annonçant, mardi 29 mai, un tir d'essai d'un nouveau missile balistique intercontinental capable de percer n'importe quel "bouclier" antimissile, la Russie intervient en force dans le débat transatlantique sur l'installation de nouveaux sites de défense américain en Europe. Le vice-premier ministre russe, Sergueï Ivanov, a ainsi souligné que ce tir d'un missile RS-24 à têtes multiples montre que "les nouveaux systèmes tactiques et stratégiques (russes) peuvent surpasser tout système de défense antimissile existant ou à venir".

Cet essai a été réalisé à partir d'une base mobile de lancement sur le cosmodrome de Plesetsk, à environ 800 kilomètres au nord de Moscou.

Selon le commandement russe des forces stratégiques, le missile RS-24, qui peut être équipé de dix ogives différentes, a atteint sa cible située à plus de 5 500 kilomètres, sur le site de Koura, une péninsule du Kamtchaka, dans l'Extrême-Orient russe. Le RS-24 a vocation à remplacer les missiles stratégiques RS-18 et RS-20 (les SS-19 Stiletto et SS-18 Satan, selon leur nom de code à l'OTAN).

Sergueï Ivanov a précisé que le RS-24 est une nouvelle version du missile stratégique Topol-M (basé à terre), connu sous le nom de SS-27 pendant la guerre froide. Le Topol-M a une version marine, le Boulava-30, tous deux ayant une portée d'environ 10 000 kilomètres.

En février, le chef d'état-major général des forces armées russes, le général Iouri Balouïevski, avait assuré que les Topol-M et Boulava-30 étaient capables "de pénétrer toutes les défenses ABM" (antimissile). Le Boulava a pourtant connu quelques déboires au cours de ses essais.

Lorsque les Etats-Unis se sont retirés en 2001 du traité ABM de 1972 pour mettre en place leur défense antimissile, la Russie avait réagi l'année suivante en dénonçant le traité de réduction des armements stratégiques Start-II, ce qui lui permettait de déployer ses missiles à ogives multiples. Le tir d'essai du missile RS-24 auquel vient de procéder Moscou doit toutefois être interprété davantage en termes politiques que sur le plan de la performance technologique.

D'autant qu'il a été accompagné d'un tir de missile de croisière, l'Iskander-M, qui fait partie de l'arsenal de l'armée de terre russe. Sa portée de 500 kilomètres lui permettrait - par hypothèse -, d'atteindre un site antimissile américain en Pologne. Les Russes ne cessent de dénoncer l'intention des Etats-Unis de prolonger leur défense antimissile en installant un radar d'alerte avancée en République tchèque et 10 missiles intercepteurs en Pologne, perçus par Moscou comme une menace pour sa sécurité.

Mardi, le président Vladimir Poutine a prévenu que la mise en oeuvre du projet américain risque de transformer l'Europe en "poudrière". "Nous considérons qu'il est nocif et dangereux de transformer l'Europe en poudrière et d'y accumuler de nouvelles armes. Cela crée des risques nouveaux et inutiles pour l'ensemble du système des relations internationales et européennes", a t-il insisté à l'issue d'une rencontre, à Moscou, avec le premier ministre portugais, José Socrates.

Le Portugal succédera, le 1er juillet, à l'Allemagne à la présidence tournante de l'Union européenne.

Source du texte : LE MONDE.FR 

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mardi, 29 mai 2007

Reconstitution de la bataille de Gergovie

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Laurent Schang ou la rumeur des armes

Le lecteur contemporain a d’excellentes raisons de se méfier des nouvelles ou des romans que lui servent auteurs puis libraires. Car ne vivons-nous pas dans l’ère de la littérature molle, aussi consistante que de la fiente de canard ? Un psychologisme envahissant nous entretient de couples disloqués, d’enfants happés par le désarroi, de dépressifs accrochés à leurs pilules, de pieuses âmes laïques accourant au secours de peuples croupissant dans l’ornière de l’histoire, de petites frappes devenues telles parce que victimes d’une société oppressive,  d’écrivains en proie au sexe ou à la drogue (garants du génie), de minorités diffuses qui exigent des droits encore plus diffus, de lesbiennes, calvinistes ou non, saisies au vif, dans la recherche désespérée de leur affirmation rose-bonbon ou, optant pour la mystique en papier mâché, de thaumaturges rédempteurs qui montrent la voie à des gogos médusés. Et on peut encore s’estimer heureux si l’on échappe à un SS surgi du magasin des accessoires d’un théâtre de province. Après tout cela, le lecteur, proche de l’asphyxie, trouve juste la  force de pousser un cri désespéré : "De l’air, de l’air !" Pour reprendre souffle, on se tourne, irrésistiblement, vers le vieux poète qui nous parle de ce Japon cher à Schang, de ce Daïmio au matin de la bataille :

Mais il a vu, vers l’Est éclaboussé d’or, l’astre,

Glorieux d’éclairer ce matin de désastre,

Poindre, orbe éblouissant, au-dessus de la mer ;

Et pour couvrir ses yeux dont pas un cil ne bouge,

Il ouvre d’un seul coup son éventail de fer

Où dans le satin blanc se lève un soleil rouge

e7897c827d0d37c816bb6975cd0c65ff.jpgC’est au coeur de l’ambiance délétère de boudoir pour vieille cocotte, ou plus simplement de débâcle littéraire, qu’on découvre les nouvelles de Laurent Schang et c’est le bruit d’une arme, la crosse d’un P08 qui frappe un casque, qui nous les annonce, comme les trois coups au théâtre, au théâtre de la guerre. Car c’est de cela, d’abord, dont Schang nous parle, dont il ose nous parler : de gens qui se battent pour leur pays, pour leur honneur, pour leur révolution et même, ô scandale suprême, pour leur gloire, comme on disait au Grand Siècle ou simplement pour leur plaisir, Schang osant même défier la meute des bien pensants en évoquant "l’honneur de Tsahal" ! Notre auteur s’adresse au lecteur à sa façon, parfaitement efficace, dépourvue de fioritures, qui va droit à l’essentiel et ne se pare pas des oripeaux de la littérature pour belles âmes, une manière qui évoque la sèche détonation d’un FA (SG) 90. Et comment pourrait-il en être autrement puisqu’il s’agit d’histoires d’hommes saisis à un moment crucial de leur vie, confrontés à la mort : Ernst Jünger en 1918 dans les entonnoirs des Flandres, Mishima qui choisit le seppuku par peur de l’avilissement de son corps et qui atteint à la grandeur mystique, Guevara, pathétique condottiere, dont la "raison raisonnante" se heurte à la réalité du terrain africain et enfin, apothéose dans cette apothéose sanglante, la Troisième Guerre mondiale (2011-2012) avec des affrontements transcontinentaux dignes de ceux imaginés par le capitaine Danrit il y a un siècle et qui laisse la planète hagarde, tout juste encore bonne à s’adonner à des fêtes pseudo mystiques et à se soumettre à un "Dieu d’amour, sans dogmes ni commandements". Laurent Schang peut tenir pour assuré que dans ce printemps 2012 "nostalgique et langoureux", comme il dit, plus personne ne lira ses livres, la niaise religiosité ambiante ne sachant que faire de l’acier littéraire qu’il lui livre et il faudra attendre une quatrième guerre mondiale (septembre 2075 à mai 2076) pour qu’elle en saisisse à nouveau la portée et en redécouvre les vertus. Toutefois, ne confondons pas Schang avec Déroulède, car il n’ignore rien de la souvent sordide profondeur de la guerre, comme il le démontre en parlant de la Tchétchénie.

Devant cette palette remarquablement diverse, il est un coloris qui m’attire particulièrement, celui d’une nouvelle "à part", nouvelle qui revêt une importance particulière, car elle nous transporte effectivement au coeur de la problématique politique de l’auteur. À travers la vision d’un banquier londonien du XVIIe siècle, défenseur d’Olivier Cromwell, on en vient à réfléchir à la nature du pouvoir et il est dans l’ordre des choses, qui en disent long, que ce texte se clôt par l’apparition en catimini de Hobbes.

J’en aurais terminé de cette introduction, en y ajoutant les inévitables fioritures finales, si je ne venais de recevoir, in extremis, la dernière nouvelle qui donne son titre au recueil : Constat d’Occident. Schang, en se posant la question "Qu’est-ce l’Occident",  nous y parle de lui-même, de ses rêves d’enfant, de ses admirations, de son avenir (il lit à un fils qu’il n’a pas encore, juché sur ses genoux, le Secret de la Licorne), de sa conviction première de la prééminence de l’Occident, atténuée ensuite par la découverte d’autres cultures, des luttes "huntingtoniennes" qui nous attendent. Et je m’aperçois que ce qu’il a pensé et éprouvé, enfant, adolescent, homme, est proche de ce que j’ai pensé et éprouvé jadis et que, par conséquent, quand je le lis, j’ai le sentiment de me lire moi-même.


Jean-Jacques LANGENDORF

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lundi, 28 mai 2007

Par le fer et par le feu : "Ogniem i Mieczem"

 

Film de 1999 du cinéaste polonais Jerzego Hoffmana

adapté du roman d'Henryk Sienkiewicz,

également auteur de "Quo Vadis ?",

pour lequel il reçut le prix Nobel de littérature en 1905. 

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Stara Basn

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Les parachutistes

31f2a07d40445e01a3c87706fbed12f9.jpgLe premier saut, c'est un rendez-vous que le jeune soldat a avec lui-même. Il va se trouver confronté avec sa propre vérité. Au résultat de cet examen, il sera classé parmi les hommes ou parmi les autres. Le premier saut, c'est une affaire intime. Il sautera ou ne sautera pas, et personne n'y pourra rien. Sans doute un coup de pied miséricordieux viendra-t-il compenser opportunément un éventuel mouvement de recul, mais le jeune soldat sait que s'il ne veut vraiment pas sauter, on ne pourra pas l'y contraindre.

Son choix est libre. Dès son incorporation, on lui a demandé s'il était volontaire. Peut-être a-t-il réservé sa réponse. On le lui redemandera plusieurs fois dans le cours de ses classes. Et cette question lui sera enfin posée à la veille du départ pour l'école de saut. Cette fois, il lui faut répondre par oui ou par non. Il peut parfaitement décommander le rendez-vous, nul ne lui en tiendra rigueur. Il peut refuser l'occasion de découvrir sa valeur intime. Il se fondra dans la masse asexuée de tous ceux qui ne savent pas s'ils sont vraiment des hommes. Mais s'il accepte l'épreuve, s'il monte dans l'avion, il sait alors qu'il se joue à quitte ou double.

Il a la hantise du « Go ! ».

« Son honneur se joue à la portière. Il est hanté par la défaillance nerveuse, involontaire, par la peur de se "dégonfler". Au stage de saut, cette obsession le mine, le survolte. La veille du premier saut, voire de n'importe quel saut, la psychose du "Go" (autour de laquelle se greffe la hantise du tibia cassé, de la voilure déchirée, du parachute mal plié et rebelle à l'ouverture ou de la torsade) le ronge. J'ai vu de grands gaillards, qui devaient s'illustrer dans les mechtas, ne pouvoir s'empêcher, la veille de leur premier saut, de pleurer et d'écrire à leur fiancée ou à leur mère, les yeux rougis, des lettres bouleversantes d'émotion... [...] "Il n'y a que les bâtards qui se dégonflent." Cette phrase est du lieutenant commandant ma promotion haranguant ses élèves, la veille du premier saut de stage. »

C'est dans cette disposition d'esprit que le jeune soldat arrive à la base-école de saut. Là, dans la mesure où l'intérêt de l'armée est de breveter le plus grand nombre de parachutistes possible, on pourrait croire que l'on va s'employer à dépouiller le saut de tout caractère dramatique, à le « démystifier », à le réduire à ses véritables proportions : un exercice un peu particulier, mais n'exigeant pas, certes, des qualités viriles exceptionnelles – un exercice à la portée de toutes les bourses. Au contraire, l'ambiance de la base-école est rien moins que technique. Tous les moyens semblent bons pour faire du saut un test pathétique où vont s'éprouver les hommes, une sorte de jugement de Dieu qui tranchera irrévocablement de la valeur de chacun.

Gilles PERRAULT

Journaliste et romancier 

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Il était une fois la guerre... des étoiles

fa5f31d681b4122a47caf0867cc0dda7.jpgPlus de 25.000 fans se sont réunis hier à Los Angeles pour fêter la sortie du premier épisode des aventures du célèbre Luc Skywalker en 1977.

Le soir du 25 mai 1977, George Lucas, le père fondateur de la saga Star Wars, ne savait pas encore que son film allait devenir l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma. Ce soir-là, le premier épisode des aventures du jeune Luc Skywalker intitulé "Star Wars" était projeté dans plus de 32 salles aux Etats-Unis. Suivront "L’Empire contre-attaque" en 1980 puis "Le Retour du Jedi" en 1983 pour former ce qui reste comme l’une des trilogies les plus connues de l’histoire du cinéma. Aujourd’hui encore, ces films rapportent des millions de dollars.

Pour fêter dignement l'évènement ce n'est pas moins de deux séries animées qui se dévoilent sous nos mirettes ébahies. La première non officielle, sobrement intitulée Star Wars  Animated Series : Tales of the New Republic reprend tous les éléments de la mythologie créée par George Lucas dans un patchwork 3D qui devrait ravir les fans. Le résultat s'annonce aussi beau visuellement que déconcertant dans le nouveau look de ses personnages. Après avoir fait le bonheur des fans lors de la convention Celebration IV à Los Angeles le week-end dernier, le lifting en images de synthèse de l'univers Clone Wars a lui aussi droit à son trailer (estampilé LucasFilms cette fois) ou comment fêter comme il se doit trois décennies de rêves et autres combats intergalactiques.

 

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