dimanche, 01 avril 2007
La Légion espagnole
LOS NOVIOS DE LA MUERTE !
Les fiancés de la mort
En 1898, faute de disposer des moyens de mener une guerre sur des théâtres éloignés, l’Espagne perd ses possessions des Philippines, de Cuba, et de Porto Rico. Millán Astray, un jeune officier espagnol qui a combattu dans les Philippines, en conclut que, dans ce type de conflit extérieur, l’engagement d’une troupe de soldats de métier constitue un atout important.En 1909, plusieurs tribus se révoltent dans le protectorat espagnol du Nord-Maroc (régions du Rif et de Yebala). Les forces espagnoles rencontrent d’énormes difficultés face à ce soulèvement. La totale désorganisation de l’armée, les campagnes interminables, le manque d’efficacité et les réserves plus que limitées entraînent des pertes particulièrement élevées.
Entre-temps, Millán Astray est devenu lieutenant-colonel. Conscient de la situation, il propose en 1919 au ministre de la Guerre de mettre sur pied une unité coloniale bien entraînée qui, jouant le rôle d’avant-garde et de troupe de choc, permettra de limiter les pertes au sein des régiments de ligne.
Le ministre donne son accord le 5 septembre 1919 et envoie Millán Astray en Algérie afin d’étudier le fonctionnement de la Légion étrangère française. Durant le mois d’octobre, il séjourne à Tremecen et à Sidi-Bel-Abbes.
Terço de Extranjeros
Le premier quartier de La Legión est le Cuartel del Rey à Ceuta. C’est là que sont incorporés les premiers volontaires et qu’ils reçoivent leur équipement de base. La caserne devient rapidement trop petite. Pour cette raison, le Comandante Franco, commandant en second, fondateur de la 1° Bandera et responsable de l’instruction au sein de La Legión, décide de déménager vers la garnison de Dar Riffien. Les légionnaires y construisent le quartier qui deviendra le berceau de La Legión. Remarquez les tours pittoresques dominant l’entrée principale. Le 28 janvier 1920, le roi Alphonse XIII signe l’arrêté royal sur la création du Tercio de Extranjeros (Régiment étranger. La dénomination Tercio, littéralement un tiers, fait référence aux régiments d’élite du 16e siècle, composés d’un tiers d’arbalétriers, un tiers de piquiers et un tiers d’arquebusiers. Aujourd’hui encore, ces trois armes ornent le blason de La Legión). Millán Astray constitue pour l’Espagne un corps comparable à la Légion étrangère française, mais basé sur les traditions de l’Espagne impériale. Le 2 septembre 1920, le fondateur reçoit le commandement de la nouvelle unité.
Le Tercio se compose à l’origine de trois bataillons (Banderas), disposant chacun de deux compagnies de fusiliers et d’une compagnie de mitrailleurs. Des éléments du génie et de la logistique fournissent les appuis nécessaires. La nouvelle unité est accessible aux Espagnols et aux étrangers âgés de 18 à 40 ans, disposant des qualités physiques requises ainsi que d’un bon esprit combatif. Aucun document ni papier d’identité n’est exigé.
Le 20 septembre 1920, le premier légionnaire se présente : Marcelo Villeval Gaítan, originaire de Ceuta (cette date est maintenant la date officielle d’anniversaire de la Légion). Le Quartier du Roi (el Cuartel del Rey) de cette même ville devient le premier cantonnement de la Legion. Le 10 octobre 1920, le Comandante Francisco Franco assume la fonction de commandant en second. Il constitue le premier bataillon (la 1° Bandera) et se consacre à l’instruction de la nouvelle unité.
Du 7 janvier 1921 (premier fait d’armes) à 1927 (dernier combat avec pertes), la Légion espagnole se fait les dents durant la campagne du Maroc. En tant que troupe de choc, El Tercio participe à 505 opérations de guerre, 85 escortes de convois et 309 combats. En 1921, Melilla reste aux mains des Espagnols grâce à l’intervention de La Legión. En 1925, elle remporte des succès décisifs dans ce conflit. Sur les 12 à 14.000 hommes servant dans les rangs de la Légion durant cette période, les pertes se montent à un total de 8.171.
La guerre civile espagnole
La Deuxième république, proclamée en avril 1931, introduit d’importantes modifications dans l’organisation de la Légion. La guerre civile fait porter le nombre de bataillons de 9 à 18. En 1937, la dénomination El Tercio est remplacée par La Legión. Au total, les 18 banderas participent à 3.022 engagements durant la guerre civile. Les hostilités cessent en avril 1939.
Le Sahara
Les trois régiments (Tercios) de La Legión reçoivent chacun un nom en décembre 1943. Ils sont choisis parmi les plus grands ‘capitanes’ des glorieux régiments d’antan : Gran Capitan, Duque de Alba (le duc d’Albe, de sinistre renommée dans notre pays) et Juan de Austria (Don Juan D’Autriche). En 1950 s’y ajoute le 4° Tercio Alejandro Farnesio.
La Legión livre de nouveaux combats : cette fois contre les bandes armées du front de libération Polisario, en Afrique occidentale espagnole. Le 1er juillet 1956, des légionnaires espagnols issus de différents Tercios débarquent sur la côte saharienne. En octobre 1958, les 3° et 4° Tercios sont mutés vers cette province espagnole, ce qui leur vaut le surnom de Tercios sahariens.
En février 1961, la fin du protectorat espagnol au Maroc pousse les 1° et 2° Tercios à déménager des anciens cantonnements de Tauima et de Dar Riffien, construits par les légionnaires eux-mêmes, vers de nouvelles garnisons, respectivement à Melilla et à Ceuta.
En 1975, les mouvements autonomistes au Sahara espagnol deviennent plus radicaux. La fameuse Marche verte mobilise les Tercios sahariens pour la dernière fois. En novembre 1975, ils remettent la province espagnole en partie au Maroc et en partie à la Mauritanie, avant d’évacuer le territoire.
Au Sahara, La Legion a participé à 164 engagements. Le bilan des pertes depuis sa mise sur pied est conséquent : 9.774 morts, 35.213 blessés et 1.062 disparus. Total : 46.049 victimes...
La dernière décennie
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