samedi, 31 mars 2007

Exposition : premières nations (collections royales)

medium_premieres_nations.jpgL’exposition présente, pour la première fois depuis des décennies, les plus importants objets du musée du quai Branly en rapport avec les premières nations du Canada et des États-Unis.

En les replaçant dans le contexte de l’histoire des collections ethnographiques françaises, ce projet permet de prendre conscience de l’intérêt profond porté par l’Europe pour d’autres régions du monde et la manière dont elle a préservé l’héritage culturel de l’humanité.

L’ouvrage publié à cette occasion est une étude exceptionnelle des liens qui ont uni la France et l’Amérique du Nord dès le XVIIe siècle. Il s’attache particulièrement au regard porté, en France, sur des objets qui, après avoir été considérés comme des curiosités “sauvages”, sont ensuite devenus de véritables objets d’ethnographie. Costumes, ornements, armes et outils mais également les remarquables peaux peintes de bison permettent de découvrir la diversité des créations des tribus Naskapi, Micmac, Huronnes, Mohawk ou Ojibwa.

Recueillis par des explorateurs, des officiers, des commerçants ou des missionnaires, en poste dans les états de la Nouvelle-France ou de la Louisiane, ces objets ont fait partie des collections royales. Un ensemble important a été déposé à la Bibliothèque nationale de France au cours de la Révolution française, les armes ont été regroupées au Musée de l’Armée.

Une autre collection, a été transférée à la bibliothèque municipale de Versailles. Entre 1878 et 1934, ces pièces ont été réunies au sein du Musée d’Ethnographie du Trocadéro (futur musée de l’Homme). Aujourd’hui, dans le cadre du musée du quai Branly, le public international (re)découvre ces trésors, quasi inconnus.

Du 12 février au 13 mai 2007

Tarif plein : 8.50 € / Tarif réduit : 6 € (étudiants)

Horaires : Mardi au dimanche de 10h00 à 18h30 (le jeudi jusqu'à 21h30) 

Sous la direction de Christian Feest, conservateur au museum für Völkerkunde de Vienne 

Auteurs :

  • Gilles Havard, Centre de recherches sur l’histoire des Etats-Unis et du Canada, université de Paris VII
  • Sylvia Kasprycki, Institut für Historische Ethnologie, Francfort
  • Pascal Riviale, conservateur au musée d’Orsay

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Conflit des racines >< Racines du conflit

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vendredi, 30 mars 2007

Theatrum "Bella"

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jeudi, 29 mars 2007

L'Iran serait attaqué début avril (experts militaires russes)

Les experts militaires russes estiment que la planification de l'attaque militaire américaine contre l'Iran a passé le point de non retour le 20 février, lorsque le directeur de l'AIEA, Mohammed ElBaradei, a reconnu, dans son rapport, l'incapacité de l'Agence de "confirmer le caractère pacifique du programme nucléaire de l'Iran".

Selon l'hebdomadaire russe Argoumenty nedeli, une action militaire se déroulera au cours de la première semaine d'avril, avant les Pâques catholique et orthodoxe (cette année elles sont célébrées le 8), lorsque l' "opinion occidentale" sera en congé. Il se peut aussi que l'Iran soit frappé le vendredi 6, jour férié dans les pays musulmans. D'après le schéma américain, ce sera une frappe d'un seul jour qui durera 12 heures, de 4 heures de matin à 16 heures d'après-midi. Le nom de code de l'opération est à ce jour "Bite" en anglais (Morsure). Une vingtaine d'installations iraniennes devraient être touchées. A leur nombre, des centrifugeuses d'enrichissement d'uranium, des centres d'études et des laboratoires. Mais le premier bloc de la centrale nucléaire de Bouchehr ne sera pas touché. Par contre, les Américains neutraliseront la DCA, couleront plusieurs bâtiments de guerre iraniens dans le Golfe et détruiront les postes clefs de commandement des forces armées.

Autant de mesures qui devraient ôter à Téhéran toute capacité de riposter. L'Iran projetait de couler plusieurs pétroliers dans le détroit d'Ormuz dans le but de couper l'approvisionnement des marchés internationaux en pétrole et de frapper au missile Israël.

Les analystes affirment que les frappes américaines seront lancées depuis l'île de Diego-Garcia, dans l'océan Indien, d'où décolleront des bombardiers à long rayon d'action B-52 avec à leur bord des missiles de croisière ; par l'aviation embarquée des porte-avions américains déployés dans le Golfe et faisant partie de la 6e Flotte américaine en Méditerranée ; des missiles de croisière seront également tirés depuis les sous-marins concentrés dans le Pacifique et au large de l'Arabie.

Résultat, le programme nucléaire iranien sera rejeté de plusieurs années en arrière. Dans des entretiens privés, des généraux américains supposent que les délais de déploiement de la défense antimissile américaine en Europe peuvent être reportés à plus tard. Autre événement prévu, le baril de pétrole pourrait s'envoler à 75-80 dollars et ce pour une période prolongée.

Entre-temps, la nouvelle résolution sur l'Iran et dont le projet a été adopté par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne devrait être votée au CS dès cette semaine. Le texte prévoit des sanctions à l'encontre de 10 entreprises publiques iraniennes et de trois compagnies relevant du Corps des gardiens de la révolution islamique, unité d'élite aux ordres du leader spirituel de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. Des sanctions sont aussi prévues contre 15 personnes physiques : huit dirigeants haut placés de sociétés d'Etat et sept personnages clefs au Corps des gardiens de la révolution islamique.

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Une super bombe américaine pour frapper l'Iran ? 

Début mars, le Pentagone a testé avec succès une nouvelle bombe téléguidée super-lourde, destinée à détruire des cibles fortifiées. Les essais ont eu lieu sur le polygone White Sands Missile Range dans le désert du Nouveau-Mexique.

De l'avis de l'éminent expert militaire russe Leonid Ivachov, vice-président de l'Académie des problèmes géopolitiques, ce fait est très significatif compte tenu de la tension qui monte autour de l'Iran.

Comme tout l'indique aujourd'hui, Washington s'apprête à employer la force contre la République Islamique. Trois groupements de porte-avions concentrés à proximité de ses frontières comptent 450 avions et plus de 500 missiles de croisière, ce qui constitue une force imposante. A en juger par les récentes déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'Iran occupe une position très rigide face aux sanctions économiques et militaires du Conseil de sécurité de l'ONU. Par conséquent, la probabilité d'un conflit armé s'accroît considérablement. Il ne fait pas de doute que, si les Américains décident de détruire les sites nucléaires de l'Iran, ils emploieront leur superbombe. Ils ne manquent pas l'occasion de tester de nouvelles armes dans les conditions réelles d'actions militaires. Selon les spécialistes de notre académie, l'emploi d'armes nucléaires n'est pas non plus exclu. Que ce soit par les Etats-Unis, avec emploi d'ogives nucléaires de pénétration profonde, que par Israël, en riposte aux attaques de missiles de la part de l'Iran.

La Maison Blanche a l'intention d'employer la nouvelle arme avant tout pour détruire des bunkers en béton armé, ainsi que les profonds abris souterrains où se trouvent des usines de fabrication d'uranium enrichi ou les entrepôts de stockage de combustible. Le contrat de développement de la nouvelle superbombe est en voie de réalisation depuis quatre ans. En 2004, le ministère des Forces de l'Air des Etats-Unis avait conclu un contrat approprié d'un coût de 30 millions de dollars avec la firme Boeing.

Ces bombes seront montées à bord de bombardiers B-52 et B-2 et larguées à de hautes altitudes contre des cibles protégées qu'il est impossible de détruire par d'autres moyens. Au cours des prochains essais, ces bombes seront larguées du bombardier B-52. La nouvelle bombe du Pentagone est 10 fois plus puissante que la bombe BLU-109 anti-bunker des forces aériennes américaines et israéliennes.

Pour l'instant, tout porte à croire que l'Iran tiendra jusqu'au bout pour répéter le sort de l'Irak. Le groupement aérien et maritime américain sera prêt à porter des coups dans les prochaines semaines, estime Leonid Ivachov.

Source des textes : RIA NOVOSTI

 

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Sous-marins russes et de l'OTAN en Arctique : vers une nouvelle chasse mutuelle?

Comme à l'époque de la guerre froide, les flottes de l'OTAN veulent contrôler l'Arctique, écrit l'hebdomadaire russe VPK, proche des industries de défense.

medium_Sous-marin_anglais_TIRELESS.jpgSans un accident récent à bord du sous-marin britannique Tireless (Infatigable), en mission dans la zone arctique, dans lequel deux marins ont trouvé la mort, écrit l'hebdomadaire, l'opinion n'aurait jamais appris que la Royal Navy et ses alliés américains avaient mené des exercices dans l'Océan arctique. Car aucun pays ne commente les déplacements de ses submersibles.

Nul ne l'ignore, les sous-marins américains "chassaient" les submersibles nucléaires soviétiques. Il est aussi vrai qu'au milieu des années 90, le Pentagone a annoncé que la flotte américaine mettait fin à cette activité, en raison de la fin de la confrontation stratégique globale. Mais on peut supposer que tout "revient à la normale" et que les Etats-Unis engagent activement les Britanniques dans la mise en oeuvre de ce "programme de chasse".

Le Tireless appartient à la classe Trafalgar, projetée pour mener des opérations, entre autres, dans la zone arctique. A la fin de la guerre froide, ces engins ont fait leur apparition aux abords du Proche-Orient. Il est difficile de suivre les déplacements secrets des sous-marins et le journal se contente de reproduire leurs apparitions connues dans l'ordre chronologique. Le 19 mai 2000, dans le détroit de Gibraltar, suite à une panne dans le système de refroidissement de son réacteur, le Tireless a rejeté de l'eau radioactive dans la mer. Il refait ensuite surface en avril 2004, au Pôle-Nord. A l'époque, la publication de ses coordonnées exactes était le résultat d'une action publicitaire. Deux sous-marins nucléaires, l'américain Hampton et le britannique Tireless, se sont rencontrés au Pôle-Nord, à quelques miles l'un de l'autre, afin que leurs équipages puissent jouer au football. Les deux navires ont pris part à des exercices conjoints, c'est la raison pour laquelle leur rendez-vous à la surface avait été prévu à l'avance. On disait également que les exercices militaires n'étaient pas l'unique objectif de leur présence dans les eaux polaires : des groupes de scientifiques à leur bord "étudiaient les indices du réchauffement global". Les chercheurs britanniques s'intéressaient notamment à l'épaisseur de la glace, à ses propriétés physiques et chimiques, à la température et à la composition de l'eau dans la zone attenante au pôle. Pour tout spécialiste, il était clair que ces données pourraient être utilisées lorsque des Trafalgar commenceraient à patrouiller dans cette région de manière permanente.

C'est ce qui s'est produit. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si, comme l'écrit l'hebdomadaire VPK, certains analystes occidentaux ont qualifié ces exercices des forces sous-marines de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis de réponse au tir d'un missile intercontinental réalisé en octobre 2006 depuis le sous-marin nucléaire russe Ekaterinbourg. Le journal affirme que l'US Navy s'est vu assigner pour mission l'évincement, avec l'aide de son allié britannique, des Russes de l'Océan glacial arctique.

 Source du texte : RIA NOVOSTI 

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Les "missionnaires" français de l'islam radical

Chaque année, une trentaine de volontaires français s'inscrivent dans les université de Riyad, Médine ou La Mecque.
 
Un Français, étudiant l'arabe à l'institut islamique de Dammaj au Yémen, a été tué, et un Franco-Algérien blessé, lorsque des rebelles chiites ont attaqué dimanche leur établissement, d'obédience salafiste, une version rigoriste de l'islam sunnite. Comme eux, plusieurs centaines de Français « étudient » dans des universités islamiques du Moyen-Orient. De l'endoctrinement religieux à l'action armée, leur basculement dans « la guerre sainte » en Irak tient souvent à un fil.
 
À Dammaj, les deux Français gardaient l'institut islamique, lorsque des affrontements les ont opposés à des rebelles chiites, qui combattent l'armée yéménite dans cette zone reculée du nord du pays. L'un d'eux a été tué, ainsi qu'un ressortissant britannique. Blessé, le Franco-Algérien était soigné hier dans « un état stable », selon le Quai d'Orsay.
 
Une kamikaze belge comme modèle
 
Convertie à l'islam, la victime apprenait l'arabe dans cette école réputée, qui accueille de nombreux étrangers. Jeunes Français de souche, ou Maghrébins d'origine, laissés pour compte des banlieues ou fils de bourgeois en rupture de ban, ces « missionnaires » de l'islam radical seraient au total quelques centaines, disséminés à travers le monde (dont 150 en Arabie saoudite et une cinquantaine au Yémen). Avant de partir, certains rassurent leurs proches en jurant que c'est pour « approfondir » leur arabe. D'autres, au contraire, laissent filtrer leurs arrière-pensées. Comme cette jeune juriste, convertie à l'islam, qui lance à sa mère, avant de quitter Paris, l'an dernier : « mon idole, c'est Murielle Degauque », cette kamikaze belge, morte en perpétrant un attentat suicide contre un convoi américain en 2005 au nord de Bagdad.
 
Les plus pauvres vont au Pakistan ou en Égypte, les autres en Arabie saoudite, en Syrie ou au Yémen. Ils achètent eux-mêmes leurs billets d'avion et règlent leurs dettes avant de partir. Tous ne deviendront pas des « enfants d'al-Qaida ». Quelques-uns renoncent même rapidement. De plein gré, tel ce Lyonnais, qui vend désormais du matériel Hi-Fi à Riyad. Ou de force, comme cet étudiant rapatrié d'urgence, parce qu'il voulait « violer toutes les filles qu'il voyait hors de son université ». Mais pour les autres, une simple rencontre pourra faire basculer leur destin.
 
À la périphérie de Riyad, non loin de l'école française, l'université al-Imam est l'un de ces laboratoires à djihadistes. Un véritable camp militaire, avec ses grillages, sa salle de contrôle et de surveillance ultramoderne installée au sommet d'un château d'eau. La forteresse dispose de sa propre centrale électrique, et l'« infidèle » occidental, surtout s'il est une femme, n'y est pas le bienvenu. Plusieurs auteurs d'attentats terroristes, commis ces dernières années en Arabie saoudite, sont issus d'al-Imam.
 
L'Égypte, étape obligée
 
Bon an mal an, une trentaine de volontaires français s'inscrivent dans les universités de Riyad, Médine ou La Mecque. Ils vont y côtoyer des Pakistanais, des Palestiniens des camps de réfugiés du Liban, des Philippins ou des Syriens. Au retour dans leur pays, les uns vont établir des madrasas ou se lancer à l'assaut de leur « gouvernement impie », les autres propager l'islam rigoriste des « premiers ancêtres ». Pour les stabiliser socialement, les célibataires sont mariés, généralement avec une fille d'une autre nationalité que la leur. La plupart des fraîchement convertis ont déjà changé de nom. Difficile donc de les suivre à la trace.
 
Davantage encore que la terre sacrée d'Arabie, l'Égypte apparaît désormais comme une étape obligée. Le passage par plusieurs centres islamiques du Caire inquiète les spécialistes de la lutte antiterroriste. Il s'agit de Qortoba, de la mosquée Aziz Bila et du centre al-Fajr. Les témoignages de onze Français, qui y avaient séjourné avant d'être expulsés d'Égypte en décembre 2006, ont permis aux enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) d'en savoir un peu plus sur ces « ruches » à endoctrinement. À Qortoba, les « étudiants en religion » commencent par un ou deux courts séjours, de quelques semaines. Certains reviennent plus longtemps en famille. Les plus radicaux ensuite sont détectés, et pris en main par des « cadres » qui les repaissent de vidéos d'exactions américaines en Irak. Ceux-là seront orientés vers de plus petites unités, comme le centre al-Fajr ou la mosquée Aziz Bila, véritables « antichambres » de « la guerre sainte », avec un lieu de prière au sous-sol, et « des salles de cours » au premier étage. Pas encore d'entraînement opérationnel, mais l'ultime étape du cursus, avant le passage en Irak.
 
Et les autres ? « Ceux qui vont rentrer en France feront tout pour orienter l'islam vers l'isolement et le repli sur soi, c'est aussi un ­danger », prévient l'islamiste réformiste saoudien, Abdallah al-Gasim. Rien ne dit que ces « étudiants » veuillent commettre un attentat en France, mais les ser­vices de sécurité redoutent qu'une poignée d'entre eux fournissent « un appui logistique » aux terroristes qui chercheraient à frapper l'Hexagone.
 
Source du texte : FIGARO.FR
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Thomas-Abdelhakim ou l'itinéraire d'un djihadiste
 
Début d'endoctrinement dans le sud-ouest de la France, radicalisation à l'université de Médine, avant le « grand saut » opérationnel en Irak. Le parcours de Thomas Barnouin, arrêté fin 2006 en Syrie, est typique du djihadiste français.
 
Fils d'enseignants, Thomas Barnouin, 26 ans, arrive en 2003 à l'université de Médine en Arabie saoudite. « Pour interpréter lui-même le Coran », affirme sa mère, Anne-Marie. Depuis sa conversion à l'islam, quatre ans plus tôt, le jeune homme s'appelle Abdelhakim. Il s'est laissé pousser la barbe, mais à cinq mille kilomètres d'Albi, continue d'appeler ses parents, tous les quinze jours. « Jamais notre fils n'a exprimé devant nous son désir d'aller faire le djihad en Irak », jure sa mère, qui refuse de voir en Thomas « un dangereux terroriste ». Mais dans la ville sainte de Médine, inaccessible aux non-musulmans, l'étudiant « rencontre peu à peu des gens » qui lui « ouvrent les yeux sur ce qui se passe en Irak », expliquera-t-il aux policiers français, après son arrestation le 12 février en provenance de Syrie. « C'est grave, ce que font les Américains en Irak, affirme Barnouin, mon devoir de musulman, c'est d'aller combattre là-bas. »
 
À Médine, fin 2006, « Thomas-Abdelhakim » entre en contact avec Abou Hassi, un « facilitateur » saoudien, qui lui indique qu'un passeur lui fera franchir clandestinement la frontière avec la Jordanie. Avant lui, plusieurs centaines de djihadistes saoudiens ont déjà rallié l'Irak. Les filières sont établies. Barnouin va en profiter. Dans le royaume hachémite, un autre intermédiaire le conduit ensuite jusqu'à la zone des « Trois Frontières », paradis des contrebandiers au nord est du pays, où il pénètre en Syrie. Barnouin est chanceux. Il quitte Médine juste avant un coup de filet des services de sécurité saoudiens. Mais sa trace n'est pas perdue pour autant. Les Saoudiens ont enregistré ses communications téléphoniques avec deux amis toulousains, auxquels il a donné rendez-vous en Syrie. Durant ses trois ans à Médine, Barnouin est resté également en contact avec les autres membres du réseau toulousain, démantelé en février par les policiers français. Parmi les huit hommes mis en examen, le cerveau du groupe, cheikh Olivier Qorel, 60 ans, Français d'origine syrienne, habitant Artigat, un village de l'Ariège. C'est lui qui convainc Sabri Essid, un compagnon de Barnouin, d'aller rejoindre ce dernier en Syrie, via la Bulgarie et la Turquie. « Tu retrouveras ta copine au paradis, mais avant vend ta voiture et règle tes dettes » lui enjoint Qorel.
 
Des exercices de combat dans une cité
 
En Syrie, Barnouin et son passeur se cachent. Quelques jours, dans une première maison. Puis, dans une deuxième, où d'autres djihadistes les rejoignent. Trois semaines de « planque », avant de rallier Hama, à 200 km au nord de Damas. Barnouin y retrouve Essid et son autre compagnon toulousain. L'aventure commence. L'émulation désinhibe. La griserie n'est pas loin. Les djihadistes reçoivent des sacs bourrés d'armes. Ils devront les faire passer en Irak. Ils ne savent pas où. Ni avec quel groupe d'insurgés, ils vont y mener « la guerre sainte ». Peu importe, les voilà pris en charge, et une fois la frontière syro-irakienne franchie, d'autres intermédiaires leur indiqueront là où ils devront combattre.
 
En attendant, Barnouin et ses amis s'initient au maniement des armes. Mais les services de renseignements syriens, informés par leurs homologues saoudiens, les repèrent. Le 12 décembre, alors que le groupe s'apprête à pénétrer clandestinement en Irak, l'assaut contre leur maison est donné. Barnouin saisit une kalachnikov, mais il n'a pas le temps d'ouvrir le feu. Les Syriens le capturent, et le remettent aux services français à Damas, en compagnie de Sabri Essid.
 
Devant les policiers de la Sdat, Barnouin reconnaît avoir « voulu passer en Irak, les armes à la main ». Comme la plupart des 25 à 30 djihadistes français, partis depuis quatre ans dans l'ancienne Mésopotamie, il n'avait pas d'expérience militaire. Si ce n'est les exercices de combat rapproché, auxquels les membres du réseau toulousain s'entraînaient régulièrement à cinq heures du matin dans une cité de la Ville rose. « Pour être prêt physiquement le jour où l'on devrait partir pour la guerre sainte », reconnaîtra l'un d'entre eux. « Même si on est loin des camps d'al-Qaida en Afghanistan, ce n'est tout de même pas très rassurant », s'inquiète un policier. D'autant que sur leurs ordinateurs, les enquêteurs ont retrouvé un florilège de vidéos islamistes. L'une d'elles livrait la recette de fabrication d'une bombe artisanale. Une autre martelait que « la meilleure mort, c'est la mort au combat ».
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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mercredi, 28 mars 2007

Emeute à la gare du Nord (Paris)

Une centaine de jeunes se sont livrés, mardi soir 27 mars, à des dégradations dans la gare du Nord à Paris, quelques heures après un face-à-face tendu entre jeunes et policiers qui a duré plus de six heures à l'issue d'un contrôle de billet qui a mal tourné, selon la préfecture de police.

medium_gare_du_nord.jpg En fin de soirée, les forces de l'ordre avaient globalement réussi à sécuriser l'intérieur et les sous-sols de la gare. Mais, après minuit, certains groupes de jeunes évacués de la gare poursuivaient le bras de fer avec la police en surface, dans les rues situées aux abords.

Peu avant une heure du matin mercredi, la situation aux abords de la gare semblait revenir au calme a-t-elle constaté. Les policiers avaient regagné leurs véhicules stationnés dans les rues adjacentes. De petits groupes de jeunes dispersés se sont vus repoussés par les forces de l'ordre dans les rues autour de la gare. Parallèlement, plusieurs camions de CRS remontaient le long des berges du canal Saint-Martin laissant craindre un déplacement en ville des échauffourées.

Après les premiers incidents de l'après-midi, le calme était dans un premier temps revenu et la police avait procédé à neuf interpellations, selon un bilan de la préfecture, mais le face-à-face a repris vers 20h à l'intérieur de la gare.

Des jeunes, dont certains armés de barres de fer, s'en sont pris à des distributeurs automatiques de boissons dans les sous-sols de la gare, ont brisé des vitres, ampoules, rambardes en verre. Un magasin de chaussures a été pillé, a-t-on constaté sur place. Des poubelles ont été incendiées.

Des jeunes ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont chargé et répliqué à coups de gaz lacrymogènes, sous le regard médusé de voyageurs pris entre les deux camps. Des jeunes opéraient par petits groupes en différents endroits de la gare souterraine. D'autres faisaient face à une cinquantaine de policiers en tenue anti-émeute.

medium_gare_du_nord_2.jpg Quelques heures auparavant, un contrôle de billet avait dégénéré dans les couloirs du métro Gare du Nord. Alors que deux agents de la RATP procédaient vers 16h à un contrôle de billet dans les couloirs de la RATP entre le RER B et les lignes 4-5 du métro, une personne sans titre de transport s'en est violemment prise aux contrôleurs, donnant un coup dans la figure à l'un et un coup dans l'épaule à l'autre, selon la RATP qui précise que des jeunes se sont mêlés du contrôle en protestant et s'en prenant aux deux contrôleurs.

Luc Poignant, secrétaire départemental du Syndicat général de la police-Force ouvrière (SGP-FO), a précisé que "les agents ont ensuite reçu des projectiles tout comme les policiers venus leur prêter main forte". La RATP a conduit l'individu sans billet au centre de liaison de la gare du Nord où il a été remis aux gendarmes. La situation a ensuite dégénéré entre plus de 100 jeunes et les forces de l'ordre. Après une accalmie, les incidents ont repris dans la soirée.

Selon la SNCF, le trafic grandes lignes et grande banlieue de la gare du Nord n'a pas été interrompu. L'interconnexion de la ligne B du RER, au sous-sol de la gare, n'était en revanche pas assurée, précise-t-on de même source.

D'après le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray, ces "affrontements (...) illustrent le climat de tension, le fossé et la violence désormais installés entre la police et la population". Le PS demande dans un communiqué que "toute la lumière soit faite sur ces incidents. Les conditions d'un rapport serein et de confiance entre la police et la population doivent être rétablies de toute urgence".
 
Source du texte : NOUVELOBS.COM 
 
 
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TB Questions :
Quel est le profil ethnique des "jeunes" (terme répété 9 fois dans ce court article) ?
Heureusement, si des pigistes ne "savent" pas être précis dans leur rédaction, les photos "éclairent" mieux la réalité.
 
De quel type de "population" parle Julien Dray ?
 
De plus le terme "désormais" prononcé par Julien Dray nous invite à penser que la France se dirige irrémédiablement vers une guerre civile de basse intensité protéiforme : ethnique, religieuse et sociale.
 
Mais nous pourrons compter sur les troupes allochtones de l'armée "française" du général Cuche, pour rétablir le dés-ordre, en cas de révolte généralisée.




Récit

Des agents de la RATP remarquent un usager d’une trentaine d’années qui enjambe le tourniquet d’entrée dans le métro. Leur récit est étonnant parce qu’il décrit un enchaînement et une montée vers la violence. L’un d’eux raconte : « On l’aborde en lui demandant son titre de transport. Il refuse. On appelle d’autres collègues à la rescousse. On réitère la demande de billet sans succès. Nous sommes maintenant cinq. Il doit nous remettre une pièce d’identité. Il crie “dégage” d’un air menaçant puis il s’approche et porte un coup de tête au front d’un des contrôleurs, d’ailleurs d’origine maghrébine comme plusieurs d’entre nous.

L’individu est une force de la nature. Son bras vaut ma cuisse. Il tente d’enchaîner une droite. Là on le ceinture. On appelle du renfort. La foule commence à se former. De l’autre côté, il y a les escaliers. Nous sommes coincés. Le centre de liaison avec les gendarmes est prévenu. Ils arrivent et essayent de le menotter. Il hurle : “Lâchez moi”. La foule reprend : “Lâchez-le”. Un gendarme parvient malgré tout à lui passer une menotte au bras droit. Pour le gauche, on s’y met à quatre. Il a un gabarit de boxeur et nous menace de mort plusieurs fois : “Je vais te crever“, “Je te retrouverai”. » A 16 h 15, la foule se fait plus dense et menaçante. Le PC 2000 (interface du Service régional de la police des transports et du service de sécurité interne de la RATP) est alerté. « On s’enferme dans une salle de commandement avec l’individu qui harangue les 150 personnes qui nous font face, reprend le fonctionnaire. C’est évident, la foule veut en découdre : “Nique Sarkozy “, “Lâchez-le”, “On va tous vous niquer”. On nous jette des pierres. Ça dure une éternité. C’est un cauchemar, on est terrorisés. » Les gendarmes décident d’évacuer l’individu dont ils apprennent l’identité : un Congolais de 33 ans, en situation irrégulière mais non expulsable.

Enfin, les renforts arrivent. Pour faire sortir l’interpellé, gendarmes et policiers utilisent des gaz pour s’ouvrir un chemin. Et la casse commence. D’abord l’agence RATP, qui vole en éclats. Puis tout s’emballe. Pierres, boîtes de conserves pleines ou plantes deviennent des projectiles. Des individus armés de barres de fer cherchent l’affrontement direct. L’agent de la RATP poursuit : « Avec les portables, des casseurs prévenaient leurs copains : “Rendez-vous gare du Nord, il y a à manger.” C’est de la violence purement gratuite. On n’a jamais affaire à ce genre d’affrontements. Cette fois, même après l’évacuation, la foule continuait à crier “lâchez-le !” »

Source du texte : FIGARO.FR   

 

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mardi, 27 mars 2007

La Russie commence à défendre ses intérêts nationaux

Le développement des événements dans le monde, la diplomatie russe de ces dernières années, les discours de politique étrangère du président russe, Vladimir Poutine, plus particulièrement celui de Munich, ne laissent planer aucun doute: la direction politique du pays dispose d'une stratégie internationale bien pensée et testée dans la pratique.

medium_Lavrov.2.jpgAprès l'éclatement de l'URSS on avait eu l'impression que la Russie avait tout simplement été mise au rancart en tant qu'élément pouvant faire l'objet d'un nouveau repartage politique et territorial du monde, une perspective à laquelle notre pays s'était déjà heurté, entre autres, au début du XVIIIe siècle. A l'époque le problème avait été réglé grâce à la modernisation poussée du pays. Aux défis actuels nous répondons également en procédant à des réformes politiques et économiques radicales qui, comme à l'époque, vont dans le sens du choix européen, mais avec conservation des traditions séculaires de la Russie. Finalement, le pays a recouvré son autonomie en politique étrangère.

Il n'y a pas eu d'avènement d'un monde unipolaire, d'ailleurs il ne pouvait pas y en avoir du moment qu'il y avait insuffisance de ressources militaires, politiques, financières, économiques et autres pour la construction d'un empire dans le contexte de la globalisation. La mythologie du "monde unipolaire" avait pendant un temps commandé aux esprits et au comportement de nombreux Etats. On avait donné foi à ce mythe et on s'y était investi politiquement. Toutefois, l'expérience des six dernières années montre à l'évidence que toute tentative pour contourner la réalité du monde multipolaire est vouée au fiasco. Les problèmes modernes ne sauraient être réglés en recourant à la force.

Le choix que nous avons fait en 2000 en faveur du pragmatisme, de la "multivectorialité" et de la défense ferme, sans pour autant être conflictuelle, des intérêts nationaux dans les affaires internationales s'est pleinement justifié.

De nos jours, le modèle des rapports internationaux est défini par la concurrence dans la lecture la plus large de cette notion, y compris quand ses termes sont des choix de valeurs et des modèles de développement. Ce qui n'implique pas forcément la confrontation. La situation a ceci de nouveau que l'Occident perd le monopole des processus de la mondialisation. D'où, probablement, les tentatives faites pour présenter ce qui se passe comme un péril pour l'Occident, ses valeurs et son mode de vie.

La Russie est opposée à toute démarche en vue de scinder le monde en plaçant "l'humanité civilisée" d'un côté et tout le reste de l'autre. Cela conduirait tout droit à une catastrophe globale. Voilà pourquoi il est primordial de surmonter le legs intellectuel, psychologique et autre laissé par la guerre froide dans la politique mondiale. Nous ne nous sommes pas laissé entraîner dans une querelle avec le monde islamique. Je suis persuadé que le choix de la Russie et des autres principaux Etats, y compris des Etats élevés au rang de civilisation comme l'Inde et la Chine, en faveur de la politique unificatrice sera le principal facteur qui empêchera la scission du monde de se produire.

Nous prônons aussi une approche globale du règlement des problèmes de la région euro-atlantique. Une ample coopération tripartite - entre la Russie, l'Union européenne et les Etats-Unis - pourrait prendre forme sur l'ensemble des thèmes concernés. Ce format dissiperait les suspicions réciproques inutiles quant à ce qui se passe entre les deux autres membres du "triangle". La Russie n'a aucunement l'intention d'enfoncer un coin dans les relations transatlantiques. Il est impossible de leur être plus préjudiciable que les désaccords au sujet de l'Irak. Par contre, ce que nous ne voudrions pas, c'est que le lien transatlantique se renforce à nos dépens.

Appliquée aux rapports russo-américains, l'étape critique actuelle dans la formation de l'architecture globale de la sécurité nous place devant le problème principal. Celui-ci consiste à définir les modalités de nos rapports dans les affaires internationales. C'est le fameux modus operandi (mode d'opération) sans lequel, c'est désormais évident, nous ne parviendrons pas à progresser. C'est à ce débat qu'à Munich le président Poutine a invité tous nos partenaires.

La Russie ne revendique pas de droits particuliers sur l'échiquier international. D'ailleurs, rien ne nous dispose à jouer le rôle de leader. L'égalité totale, y compris dans l'analyse des dangers et de la prise des décisions, est un minimum indispensable. Probablement pour la première fois de notre histoire, nous commençons à défendre dans une pleine mesure nos intérêts nationaux en mettant en oeuvre nos atouts concurrentiels.

Les politologues américains et russes évoquent une "pause" inévitable dans le développement de nos relations bilatérales du fait des cycles électoraux dans les deux pays. Je pense que ce serait-là un mauvais choix. On voudrait que les Etats-Unis ne se replient pas sur eux-mêmes face à la catastrophe irakienne, mais qu'ils s'impliquent dans la relance du partenariat avec la Russie sur la base de l'égalité et de l'avantage mutuel.

medium_drapeau_russie.jpgDe bonnes possibilités d'évolution positive des rapports russo-américains s'ouvrent dans le cadre de la mise en oeuvre conjointe de l'Initiative globale pour combattre le terrorisme nucléaire, des propositions faites par les présidents russe et américain concernant le développement sécuritaire du nucléaire et l'accès de tous les Etats intéressés à ses biens à conditions qu'ils respectent leurs engagements concernant la non-prolifération. La signature avec les Etats-Unis du protocole bilatéral sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est un autre témoignage de notre disposition au compromis. La lutte contre le terrorisme, la non-prolifération des armes de destruction massive, le règlement des conflits régionaux et, bien sûr, la stabilité stratégique sont au coeur de notre dialogue intensif. Là où l'on ne parvient pas à déboucher sur des solutions réciproquement acceptables, les "accords nominaux" sont une bonne alternative. Nous ne contestons pas aux Etats-Unis le droit de décider pour eux-mêmes, mais dans ce cas ils doivent agir à leurs risques et périls et à leur propre compte.

Nos rapports avec les Etats-Unis sont exempts de toute rhétorique confrontationnelle, par conséquent il ne saurait être question d'une nouvelle guerre froide, pour laquelle aucun motif objectif n'existe.

L'antiaméricanisme est dangereux et intellectuellement préjudiciable. Dans le même temps le problème doit être réglé "à sa source". Il s'agit du comportement des Etats-Unis dans les affaires internationales. Le fait que l'administration américaine se soit pliée à la volonté des "néoconservateurs" ne doit pas déterminer notre attitude fondamentale à l'égard de l'Amérique.

Cependant, nous sommes opposés aux "jeux stratégiques" en Europe, ayant pour objectif de créer à partir de rien un potentiel confrontationnel et de bâtir la politique européenne selon le principe "ami/ennemi". Ainsi le projet américain d'implanter en Europe des éléments de la défense antimissile nationale des Etats-Unis ne peut pas être considéré autrement que comme une provocation à l'échelle de la politique européenne et globale. Surtout que ce projet unilatéral a une alternative collective sous la forme de l'ABM de théâtre en Europe avec la participation de l'OTAN et de la Russie. Le déploiement de l'ABM américaine en Europe est inacceptable et elle a une incidence sur nos rapports avec l'OTAN. Si l'alliance est inapte en tant qu'organisation de sécurité collective et se transforme en paravent pour des mesures unilatérales préjudiciables à la sécurité de la Russie, alors quel sens pourraient avoir nos relations avec elle?

Préoccupant aussi est le fait que l'OTAN, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le Traité sur les Forces armées conventionnelles en Europe (CFE) et d'autres structures et instruments hérités du passé se transforment en moyen d'application de la politique de blocs dans les conditions du moment. Au fond, un travail de sape contre la Russie est mené dans leur cadre. Qui a besoin de cela? Je suis persuadé que cela ne perdurera pas. Etant donné que la réforme de l'architecture de la sécurité européenne n'a pas été menée jusqu'au bout, il y a réellement danger de voir la situation dégénérer et aboutir d'ici à quelques dizaines d'années à une scission réelle de l'Europe.

Dans le même temps la politique étrangère russe est pleinement conforme à l'étape actuelle de notre développement intérieur. On en veut pour preuve le fait que les larges couches de la société approuvent la politique extérieure russe dans ses grandes lignes. Ce que nous souhaitons pour nous, nous le souhaitons aussi au reste du monde, à savoir un développement évolutif, exempt de bouleversements.

 

Sergeï LAVROV 

Ministre des affaires étrangères

(extraits de son intervention prononcée le 17 mars
devant la XVe Assemblée du Conseil pour la politique étrangère et de défense)

Source du texte : RIA NOVOSTI 

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lundi, 26 mars 2007

Les murailles de feu : réédité en format poche

medium_murailles_de_feu.jpgAvide de conquêtes et de revanche sur l'ennemi héréditaire, le roi Xerxès, à la tête de deux cent mille Perses, traverse l'Hellespont et marche sur Athènes, écrasant tout sur son passage. Ceux que l'on appelle les Immortels seraient-ils réellement invincibles ? A Sparte, la nouvelle de cette invasion répand la terreur. Le roi Léonidas ler rassemble ses plus vaillants hoplites et se porte au-devant de l'adversaire. Mais comment 300 hommes aguerris stopperaient-ils une armée ? L'affrontement a lieu dans le défilé des Thermopyles. Six jours durant, sous le regard des dieux, cet étroit passage sera le théâtre de combats sans merci.
 
Racontée par un survivant, c'est ce choc inégal - et, au-delà, toute l'histoire et la vie quotidienne de Sparte - que fait revivre Steven Pressfield dans ce roman traversé par "un formidable souffle d'authenticité" (New York Times).
  
 
  • Poche: 473 pages
  • Auteur : Steven Pressfield
  • Editeur : Archipoche Editions (7 mars 2007)
  • Collection : ArchiPoche
  • Prix : 8,50 €
 
 
 

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L’épreuve de l’hoplite : les armes et l’armure (II)

medium_medium_185detail.jpgLe bouclier

 

L’élément le plus important dans l’armement défensif était le bouclier, un morceau de bois arrondi, concave, d’environ un mètre de diamètre, sa taille exacte dépendant un peu de la longueur et de la force du bras de celui qui le portait. L’épaisseur et le type de bois dur employé, et donc le poids réel du bouclier ne sont pas véritablement connus puisque la plupart des pièces centrales en bois ont disparu depuis longtemps, mais on a estimé ce poids à 7 kilos environ. Bien que ce fût une charge considérable à porter pour l’hoplite en arme, sa supériorité sur les modèles antérieurs en cuir de bœuf des âges obscurs était la protection plus grande contre les coups de lance et d’épée classiques qui donnait au guerrier la possibilité d’approcher davantage son ennemi. A l’origine, le bouclier était peut-être cerclé d’une bande de bronze sur le bord externe afin d’éviter que les bords ne pourrissent ou ne volent en éclats, mais au Vè s. av. J.-C., les références littéraires et les spécimens archéologiques suggèrent que, comme le vieux bouclier homérique, la majeure partie de la face était recouverte d’une mince feuille de bronze ayant souvent la forme d’un blason reconnaissable. Cela n’ajoutait guère à la capacité de protection du bouclier mais si le poli du bronze pouvait éblouir, ou même effrayer l’adversaire, cela rendait encore plus féroce l’ardeur de celui qui le portait.

Les spécialistes font grand cas des prises distinctes pour le bras et la main dans le bouclier, qui pour la première fois répartissaient le poids sur l’ensemble du bras gauche au lieu de le concentrer seulement sur la main et le poignet. Ces innovations permettaient de tenir un objet si incommode sans elles pendant la durée de la bataille. Pourtant, l’on oublie en général que ce maniement présentait de sérieux inconvénients pour les hommes sur le terrain. Les mouvements de tout le corps étaient compromis puisqu’il fallait tenir le bras gauche, le plus maladroit et le plus faible pour la plupart des hommes, raide et levé en saillie à la hauteur de la ceinture, le coude plié et l’avant-bras tout droit, parallèle au sol, la main fortement crispée sur la poignée. Si l’hoplite se courbait ou glissait, le bord inférieur du bouclier devait racler le sol, ce qui arrivait vraisemblablement lorsque la taille de l’hoplite ne dépassait guère 1,66 m environ. L’équilibre était aussi en cause, et il était difficile de s’accroupir ou même de se pencher. L’on ne pouvait plus manier aisément le bouclier une fois que la bataille avait commencé. Parce que l’on avait besoin du bras tout entier pour soutenir son poids élevé, l’on ne pouvait trouver qu’avec difficulté le bon angle d’écartement par rapport au corps, et sa forme suggère qu’il a peut-être été conçu, en réalité, dans une large mesure pour pousser. L’on ne pouvait placer le bouclier sous aucun angle qui permît de protéger le côté droit de l’homme, et nous entendons parler de phalanges entières prises sans rien pouvoir faire par une attaque de flanc sur leur extrémité droite où la dernière file de soldats n’avait absolument aucune protection sur son côté dépourvu de boucliers.

medium_medium_spartiate.jpgQuelques une des références fréquentes à l’incommodité du bouclier de l’hoplite méritent d’être examinées : « les choses entre nous deux, Xénophon, ne sont pas égales », se plaignait Sotéridas, un dissident des Dix Mille, « tu te prélasses sur un cheval, et moi je peine durement à porter mon bouclier » (Anab. III, 4, 47-48). Les quelques vaillants Platéens qui les premiers choisirent de rompre le siège des Spartiates en 429, pendant la guerre du Péloponnèse, sortirent munis seulement d’armes offensives et suivis de près par d’autres qui apportaient leur bouclier. Apparemment, ils savaient que si un homme devait porter les deux types d’armement, il avait peu de chance de s’échapper (Thucydide III, 22, 3). Il n’y a ici aucune mention de la cuirasse, mais ils durent considérer comme excessif même le poids de la lance et du bouclier. Nous pouvons comprendre pourquoi dans la comédie d’Aristophane Les Nuées (987-999), le Raisonnement Juste remarque que la jeunesse de son époque ne pouvait porter son bouclier qu’en levant les cuisses. En d’autres termes, ces jeunes gens mous n’étaient pas à la hauteur des exigences rigoureuses de l’ancienne norme de l’hoplite qui supposait que les hommes gardent la position de bataille, à la hauteur de la poitrine, qui est plus difficile à tenir. L’aphorisme de date inconnue et souvent cité de la mère spartiate exhortant son fils à revenir de la bataille avec ou sur son bouclier révèle également la fixité et l’incommodité intrinsèques du bouclier. L’on avait toujours, quoiqu’on la réprimât, une tendance naturelle à se débarrasser de lui, bien que sa taille hors du commun et sa forme de cratère fissent qu’il pouvait se doubler d’une manière idéale d’une civière pour le cadavre au cas où l’hoplite périssait. Il n’y a rien d’étonnant, dans ces conditions, si les Spartiates ont puni les soldats dont on avait remarqué le relâchement dans le service en les faisant rester debout, tenant leur bouclier en position. Le simple port de la panoplie, sans les duretés de la bataille, était considéré comme une peine suffisante.

medium_medium_81947_Detail-of-a-Corinthian-Vase-Showing-a-Hoplite-Battle-circa-600-BC-Posters.jpgEn vérité, l’effort nécessaire ne serait-ce que pour garder sur soi l’équipement était si grand que, lorsque les hoplites s’épuisaient ou perdaient leur formation serrée, ils laissaient tomber instinctivement leur bouclier. Le fameux bouclier d’Aristomène que Pausanias déclare avoir vu des centaines d’années plus tard à Lébadée était censé avoir été perdu par le héros légendaire pendant les guerres de Messénie. Deux siècles plus tard, le général spartiate Brasidas, au moment de débarquer sur le rivage de Pylos pour y défier la garnison athénienne, fut accablé de coups puis « il tomba lui-même dans l’avant du navire, tandis que son bouclier lui glissait du bras dans la mer. » (Thucydide, IV, 12, 1). De même, le général thébain Epaminondas perdit son bouclier lorsqu’il fut blessé à Mantinée. Transporté, conscient, hors de la bataille, il demanda si son serviteur était parvenu à emporter aussi son bouclier hors de la mêlée (Diodore XV, 87, 6). Le vent soufflant sur le défilé de Créüse arracha beaucoup de boucliers du bras des hoplites spartiates qui essayaient de se frayer un chemin en le traversant (Xénophon, Hell. V, 4, 18). Cette difficulté à conserver son bouclier est sans doute ce qu’avait à l’esprit Epaminondas quand il remarquait que les Thébains ne pouvaient maintenir leur puissance s’ils n’étaient pas capables de tenir serrées les prises de leur bouclier (Plutarque Mor. 193 E 18). Des héros comme Brasidas, Epaminondas et Aristomène ainsi que les spartiates dans leur marche, à la différence des poètes, « perdaient » leur bouclier plutôt que ne le « jetaient ». Mais quelle que soit la vérité, nous savons que leurs poids et leur configuration incommode faisaient des boucliers un embarras constant.

Récemment, quand des spécialistes ont effectué des tests pour reproduire ce qui fut exigé des soldats sur le plan physique à Marathon, ils ont découverts que leurs sujets des temps modernes pour ces expériences avaient la plus grande difficulté à tenir le bouclier à la hauteur de la poitrine :

« Il est important de noter que courir la distance prescrite avec le bouclier à la hauteur de la poitrine demandait en moyenne à chaque sujet une dépense d’énergie en augmentation de 28%... L’expérience montra aussi que le poids et la taille du bouclier étaient des facteurs critiques. Le bouclier de l’hoplite, qui paraît avoir pesé 7 kilos environ, ne pouvait être transporté que d’une manière isométrique, et la dépense d’énergie considérable requise limite nettement la distance pendant laquelle les troupes pouvaient soutenir un gros effort. » (Donlan et Thompson 1976, p 341).

medium_guerriers_grecs.jpgMême avec des prises pour la main et pour le bras, la seule manière pour le fantassin antique d’arriver à tenir ce bouclier plus de quelques minutes dans une bataille était de le faire reposer de temps en temps sur l’épaule gauche. C’était possible à cause de l’extrême concavité du bouclier, forme qui permettait au soldat qu’un « bouclier immense » couvre « ses genoux, sa poitrine, son corps » (Tyrtée II, 23-24). Le rebord du bouclier faisait quasiment un angle droit, avec pour résultat un véritable cratère plutôt qu’une forme plate. S’il est vrai qu’une forme en cratère si exceptionnelle aidait à détourner les coups et offrait en plus une protection pour l’avant-bras, elle permettait au poids élevé du bouclier de reposer sur l’épaule. D’autres types de bouclier de moindre taille et de poids plus faible, par exemple le macédonien, le romain et le perse, étaient dépourvus de cette concavité radicale, peut-être parce que le besoin de soulager le bras n’existait pas.

Une fois que les deux armées s’étaient heurtées, il s’ensuivait en général une compétition de poussée, et nous pouvons donc imaginer que l’hoplite faisait reposer naturellement tout le poids du bouclier sur son épaule gauche tandis qu’il s’appuyait sur les hommes devant lui. Peut-être cette concavité, d’une conception si nouvelle, constituait-elle la véritable révolution en matière d’armement, et non pas les prises pour le bras et la main comme on l’affirme plus souvent. Elle permettait qu’un élément d’équipement d’une envergure disproportionnée fût porté même par un homme de petit gabarit (70 kg) et lui permettait de trouver la surface idéale pour donner un axe à sa force parmi les dos des hommes qui étaient devant lui. Après Homère, comme nous devions nous y attendre, le bouclier d’infanterie fut décrit comme creux (cf. Tyrtée). Thucydide (VII, 82, 3) remarquait que les prisonniers athéniens en Sicile furent contraints de remplir avec leur argent « quatre boucliers retournés », image difficile à comprendre à moins de se rappeler la forme distinctive du bouclier de l’hoplite. Nous lisons dans Euripide (Tr. 1190-1200) que le guerrier irrite sa barbe avec le bord de son bouclier, autre détail qui suggère que le rebord reposait sur son épaule juste sous le côté de la mâchoire. A la vérité, un bouclier d’hoplite argien presque complètement restauré du Musée du Vatican confirme qu’un homme pouvait en suspendre le bord intérieur sur son épaule gauche. Nous voyons souvent cette posture sur les peintures de vases où des hommes paraissaient faire reposer leur bouclier sur leur épaule à la fois quand ils ont immobiles et quand ils combattent. Souvent aussi, un hoplite accroupi se protège d’un coup venu d’en haut en tenant son bouclier à l’horizontale, le rebord reposant sur son épaule enfoncé sous le menton. On peut retrouver une meilleure représentation sur un relief funéraire attique de la fin du Vè s. L’on y voit un hoplite, qui a sans doute son bouclier sur l’épaule, avec les deux mains occupées : il donne une poignée de main avec la droite tandis qu’il tient sa lance avec la gauche. Cette importante fonction du bord du bouclier de l’hoplite peut aussi expliquer sa disparition plus tard, à l’époque hellénistique, à la fin du IVè et aux IIIè et IIè siècles, quand les fantassins suspendaient leur bouclier, plus petit, à leur cou afin de prendre avec les deux mains la sarisse, ou pique, qui était beaucoup plus longue et plus lourde. La courroie autour du cou et le poids moindre ne requéraient pas que l’in soutînt le bouclier avec l’épaule, et il n’est donc pas surprenant que le tacticien d’époque tardive Asclépiodote ait pu décrire le modèle macédonien comme « pas très incurvé ».

Voici une autre raison pour laquelle les avantages que présentait le rebord du bouclier sont souvent négligés par les spécialistes : l’accent mis, en général, dans les peintures de vases sur les premiers rangs où l’on portait les premiers coups à l’arme blanche et où le bouclier était le plus souvent tendu en avant de la poitrine pour détourner les divers coups qui arrivaient. L’on ne pouvait le reposer à aucun moment. Dailleurs, l’engagement qui était l’apanage des premiers rangs attirait l’intérêt de l’artiste et il était bien plus facile à représenter que des rangs anonymes de fantassins, les uns sur les autres, en train de pousser et d’appuyer leur bouclier sur les hommes placés devant eux.

medium_hoplites_2_copie.3.jpgOutre son poids et sa forme encombrante, la relative minceur du bouclier était, enfin, un inconvénient, puisque son épaisseur ne dépassait guère deux centimètres et demi à trois centimètres et demi. Comme cela a été le cas pour la cuirasse pendant plus de 25 siècles depuis cette époque, l’on sacrifiait l’épaisseur à l’envergure. Son diamètre de 90 cm requérait qu’il fût mince afin que son poids total restât dans des limites tolérables. Les Grecs savaient que ces pièces centrales, bien qu’elles ne pussent garantir une protection absolue contre tous les coups qui arrivaient, suffisaient, ce qui n’était pas le cas pour les boucliers des siècles passés, pour soutenir la plupart des attaques à la lance et à l’épée, pourvu que ces coups d’estoc et de pointe fussent portés de près, situation où il était difficile de prendre de l’élan. Les histoires d’armes transmises de père en fils, d’armements suspendus au-dessus de la chemise ancestrale, de boucliers vus, des centaines d’années après, en exposition dans des sanctuaires, sont probablement toutes plausibles, puisque la plupart des hoplites n’étaient pas postés en première ligne et ne soumettaient pas leur équipement à ce terrible choc initial où le fer de lance heurtait de plein fouet le bouclier, la cuirasse, le casque et le jambart. En revanche, pour les quelques hommes qui affrontaient la charge de l’ennemi à l’avant de la phalange, il y avait des chances pour que leur bouclier aussi bien que leur lance se fendent ou tombent en morceaux sous l’impact. Nous voyons des boucliers brisés sur des peintures de vases et devrions nous rappeler aussi que c’est un évènement fréquent dans la littérature. La mort prématurée de Brasidas à Amphipolis, en 422, était censée être due au fait que son bouclier n’avait pu détourner un coup de lance. Comme on lui demandait comment il avait reçu sa blessure, il répliqua selon Plutarque : « C’est parce que mon bouclier m’a trahi ». La même image est saisie par Xénophon dans sa description terrifiante de l’après-bataille de Coronée, en 394, où après le heurt des Spartiates et des Thébains, il y a des boucliers réduits en miettes sur le sol autour des corps des morts. Et, dans Le Bouclier de Ménandre, nous nous rappelons l’esclave de Cléostratos, Davos, qui trouve broyé le bouclier de son maître à côté de son cadavre supposé. Il y a enfin des exemples d’armées entières rééquipées après une bataille ou empressées à échanger leur armement contre une nouvelle distribution de matériel, ce qui indique peut-être qu’un nombre non négligeable de boucliers – le seul élément de la panoplie qui ne soit pas entièrement en bronze – ont dû être brisés dans le choc initial.

 

Victor Davis HANSON

In Le modèle occidental de la guerre

Editions Les Belles Lettres (1990)

ISBN : 2-251 38004-3

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