mercredi, 28 février 2007

Il était une fois...l'Europe.

medium_lille.jpg

Le peulement de l'Europe va enregistrer une triple évolution :

arabisation, islamisation et africanisation.

 J.C. CHENAIS

"Nord-Sud : le face-à-face démographique"

In Politique internationale n° 69, automne 1995, p. 433

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Theatrum "Bella"

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mardi, 27 février 2007

Voyage en "Amérak", la zone verte de Bagdad

Derrière ses hauts murs de béton, la zone verte abrite les ambassades américaine et britannique, l'état-major américain en Irak, mais aussi les principaux membres du gouvernement irakien, le président kurde Jalal Talabani, le premier ministre chiite Nouri al-Maliki et la plupart des dignitaires du régime, qui vivent en vase clos, coupés du reste du pays. Bien loin du chaos irakien.
 
medium_amerak.jpgDe violentes explosions font trembler l'air et des volées de pigeons décollent dans le ciel de Bagdad. Les mercenaires péruviens de faction à l'entrée de la zone verte s'interpellent en espagnol. Des soldats américains se dirigent vers leurs baraques préfabriquées entourées d'épaisses murailles de béton et de sacs de sable. Les explosions sont celles de trois voitures piégées, qui ont détoné en plein centre-ville, sur le marché bondé de Chorja, à moins d'un kilomètre de là. Les magasins de tissus brûlent en dégageant de lourdes volutes de fumée. Dans les débris de l'explosion, on retrouve les corps démembrés de 80 personnes.
 
Mais la terreur qui se déchaîne dans la capitale de l'Irak, avec ses dizaines de cadavres méconnaissables retrouvés chaque matin dans des terrains vagues, mains liées dans le dos, portant des traces d'abominables tortures, les voitures piégées qui explosent dans les marchés ou dans les files d'attente des stations-service, n'affecte pratiquement en rien la zone verte.
 
Cette cité interdite s'élève à l'emplacement des anciens palais et ministères de Saddam Hussein. Elle occupe le centre de Bagdad, dans une boucle du Tigre, mais elle est surtout un pays à part. C'est le coeur de "l'Amérak", contrée virtuelle aménagée par les Américains en Irak, et qui reste la seule partie du pays réellement sous leur contrôle. Cette forteresse, immense ville dans la ville, possède trois entrées principales. La porte des Assassins donne sur le pont de la Jumuhirya (la République) et sur le quartier de Mansour. À quelques centaines de mètres de ses chicanes anti-voitures suicide et de ses miradors commence la rue Haïfa, où les Américains doivent régulièrement recourir à des blindés et des appuis aériens pour affronter les insurgés sunnites. Le pont du 14-Juillet débouche sur le quartier de Karada et est lui aussi fortifié. La troisième entrée donne sur l'autoroute qui mène à l'aéroport de Bagdad.
 
Mais même cet axe vital, qui relie la zone verte aux bases américaines retranchées autour de l'ancien aéroport Saddam Hussein, et qui constitue l'artère par laquelle est ravitaillée la zone verte, échappe à tout contrôle en raison des attaques de l'insurrection sunnite. Tous les habitants de la zone verte font ce trajet long de moins de dix kilomètres soit en hélicoptère, soit dans des convois de bus blindés. Surnommés les "rhinos", ces bus ne circulent que de nuit, sous protection militaire, à des horaires changeants, une procédure devenue tellement habituelle que personne ne semble y voir le signe d'un terrible échec.
 
Car une fois débarqué du "rhino", rien de plus facile que d'oublier l'Irak dévasté qui entoure l'Amérak, comme une mer déchaînée qui bat les côtes d'une île enchantée. Bien à l'abri des hauts murs de l'enceinte, la puissante logistique américaine a transformé l'ancien quartier réservé des hiérarques du régime baasiste en Xanadu sur les berges du Tigre. La plupart de ses habitants n'ont jamais mis les pieds dans le véritable Irak : la zone rouge.
 
Des contrats juteux
 
"Je me suis un jour trompée d'embranchement en conduisant et je me suis retrouvée par erreur dans la zone rouge", raconte un lieutenant féminin de l'armée américaine. « Je ne pouvais plus faire demi-tour. J'étais terrorisée », raconte-t-elle. "Heureusement, une voiture de contractors m'a guidée vers une autre entrée et, cinq minutes plus tard, j'étais de retour à l'abri".
 
La garde de la forteresse est confiée à ces "contractors". Mercenaires employés par les diverses compagnies de sécurité qui ont signé de juteux contrats avec un Pentagone soucieux de conserver ses soldats pour des missions opérationnelles, ils représentent le deuxième contingent de forces étrangères stationnées en Irak, après les Américains, mais devant les Britanniques.
 
Un subtil système place ces employés à différents postes en fonction de leur pays d'origine. En première ligne, exposés aux attaques de l'insurrection et aux véhicules suicide se trouvent des policiers irakiens. Derrière les premiers remparts de bastion walls, merlons pliants remplis de terre devenus le symbole de la présence américaine en Mésopotamie, la seconde ligne est tenue par des contractors péruviens, qui ne parlent qu'espagnol, et qui ont remplacé les anciens Gurkhas népalais comparativement plus chers. Des soldats géorgiens, qui communiquent dans un vague russe mêlé d'anglais sont ensuite de faction. Les mercenaires occidentaux servent généralement dans des postes moins exposés, même s'ils ont tout de même essuyé de lourdes pertes depuis le début de la guerre.
 
Les salaires de ces mercenaires, descendants des Grecs de Xénophon ou des armées privées de la guerre de Trente Ans, sont aussi calculés en fonction de leur pays d'origine. "Nous sommes payés 1 200 dollars par mois, sans vacances", disent deux mercenaires fidjiens qui s'apprêtent à quitter l'Amérak. Employés par la compagnie américaine Triple Canopy, ils expliquent que "les employés occidentaux touchent pour le même travail et les mêmes risques 15 000 dollars par mois, avec des vacances tous les trois mois".
 
À l'intérieur de l'enceinte, l'Amérak vit à l'heure américaine. Un service de bus climatisés relie les différents quartiers de la zone verte, en diffusant des morceaux de musique country. La vitesse de circulation est limitée à 40 kilomètres à l'heure. Dans les réfectoires climatisés installés par Kellog, Brown and Root, une filiale de la société texane Halliburton, on sert en abondance des plats américains, poulet frit, hamburgers, ceasar salad et pancakes. Les ingrédients sont importés depuis le Koweït ou d'autres pays du Golfe, et servis par des employés sri lankais qui n'ont pas toujours tous compris dans quel pays les emmèneraient leurs contrats.
 
Un mall s'est installé au centre de la zone verte. Un PX (1) y vend des gadgets militaires, des plats cuisinés tex-mex et des hot-dogs, ou des mugs estampillés « Operation Iraqi Freedom ». Dans des petites boutiques, on achète des tapis ou l'on s'y fait coiffer par des Irakiens privilégiés ayant obtenu l'autorisation de pénétrer dans cet eden.
 
On y achète pizza et café, qu'on peut déguster attablé au milieu d'une foule de soldats ou de mercenaires en lunettes de soleil, le fusil d'assaut posé contre leur chaise en plastique. Les sabres géants bâtis par Saddam Hussein aux extrémités de l'avenue consacrée aux défilés militaires sont en train d'être démontés sur ordre des nouvelles autorités irakiennes. Mais ces monuments ont été pendant longtemps l'une des attractions touristiques les plus populaires de la zone verte.
 
L'hôtel al-Rashid, l'ancien palace du régime baasiste, a perdu la mosaïque de son perron représentant le président George Bush père, sur lequel devaient marcher les visiteurs pour rentrer dans l'hôtel. Aujourd'hui en pleine zone verte, il abrite des diplomates et invités de l'Amérak. Sur le parking subsiste cependant la statue de bronze du pauvre pêcheur des contes des Mille et une Nuits, découvrant le mauvais génie jailli de la jarre qu'il vient d'ouvrir en se demandant comment l'y faire rentrer à nouveau. Le parallèle avec les conséquences de l'intervention américaine n'a cependant pas l'air de frapper les habitants de la zone verte, qui vont le soir se détendre au bar de l'hôtel. Sur la piste de danse, la disproportion est flagrante entre les hommes et les quelques rares femmes. Sur un mur de sanitaires, un graffiti un peu mufle résume la situation : "Profitez-en : dès qu'on retourne en Amérique, vous redeviendrez moches".
 
Symbole d'incompréhension
 
Mais derrière ces aspects folkloriques, la zone verte reste avant tout, quatre ans après la chute de Saddam Hussein, le plus éclatant symbole de l'incompréhension tragique qui s'est établie dès l'arrivée des troupes américaines à Bagdad entre la population irakienne et une armée qui se voit comme des libérateurs. Et de l'incapacité américaine à envisager de délicates questions politiques sous un angle autre que logistique.
 
En s'installant dans l'ancien quartier réservé construit par Saddam Hussein pour ses dignitaires et où le commun des Irakiens n'a jamais pénétré, le proconsul américain Paul Bremmer, roi sans couronne d'Irak se coupe presque dès son arrivée dans le pays, en mai 2003 de tous contacts avec l'Irak réel. Depuis, le retour de l'Irak à un gouvernement souverain n'a pas beaucoup changé les relations entre des dirigeants vivant à l'abri de leurs fortins et une population victime d'un déchaînement de violence qui semble sans fin.
 
De puissants générateurs alimentent jour et nuit les climatiseurs et les lampadaires de la zone verte, alors que Bagdad connaît depuis quatre ans des coupures de courant incessantes. L'eau potable y est constamment disponible dans des palettes déposées un peu partout, et des rangées de toilettes chimiques contrastent avec la saleté et les problèmes de pollution qui règnent dans Bagdad.
 
Dans le reste du pays, les soldats américains vivent aussi à l'abri de forteresses, même si leurs patrouilles les exposent aux mines improvisées que la guérilla sunnite ou même à présent chiite pose le long des routes. Dépendant de trop rares interprètes, les Américains enclavés derrière les remparts de l'Amérak ont beau multiplier les efforts, les sacrifices de leurs soldats et les dépenses, leur emprise sur l'Irak réel ne cesse de leur échapper. Mise au service d'un gouvernement régulièrement élu, mais dominée par des partis religieux chiites perçus comme des agents iraniens par la minorité sunnite, ou par des Kurdes qui travaillent à préserver l'indépendance de fait de leurs provinces, la formidable puissance militaire ne parvient qu'à grand-peine à une chose : maintenir le chaos dans lequel a basculé l'Irak à distance des murs de l'Amérak.
 
(1) PX : Post-Exchange, magasin militaire
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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lundi, 26 février 2007

Guerre froide autour du bouclier antimissiles

Le projet de parapluie antimissiles américain en Europe centrale suscite la colère de Moscou et divise le Vieux Continent. 
 
medium_defense_antimissiles.jpgEntre les États-Unis et la Russie, il y a bien des "désaccords" et des "frustrations". Mais il n'y a là rien que de "très normal pour des grandes puissances" : en visite à Moscou, hier, le conseiller du président américain pour la sécurité nationale, Stephen Hadley, s'est efforcé de désamorcer la tension grandissante suscitée par le projet de parapluie antimissiles que Washington entend déployer en Europe centrale. Dans le cadre d'un vaste programme de défense balistique, les États-Unis souhaitent positionner dix intercepteurs de missiles en Pologne et une station de radars en République tchèque. Les pourparlers sont bien engagés avec ces deux pays, une visite de George W. Bush pour finaliser un accord étant même envisagée cet été, selon le quotidien polonais Dziennik. Selon Washington, le bouclier vise à contrecarrer les frappes éventuelles "d'Etats voyous", comme l'Iran ou la Corée du Nord, et n'est en rien tourné contre la Russie. Les experts américains insistent sur le fait que leur dispositif ne serait guère adapté face à l'arsenal russe comprenant des centaines de missiles.
 
Rééquilibrage stratégique
 
Moscou ne l'entend pas de cette oreille. Selon Vladimir Poutine, l'initiative américaine constitue une menace pour la sécurité nationale et, sans le dire ouvertement, les Russes estiment qu'elle empiète sur leur "étranger proche". Lundi, le général Nikolaï Solovtsov, commandant en chef des forces stratégiques russes, a nettement haussé le ton. Si la Pologne et la République tchèque acceptaient la proposition américaine, a averti ce haut responsable, l'armée russe serait "capable de prendre ces installations pour cibles". Des déclarations aussitôt jugées "extrê­mement inopportunes" par le secrétaire d'État américain Condoleezza Rice, qui a rejeté les accusations des autorités russes selon lesquelles Moscou n'aurait pas été préalablement consulté.
 
Cette querelle s'inscrit dans le droit-fil d'une tension croissante entre Washington et Moscou. Le 10 février, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, Vladimir Poutine s'en est pris aux "actions unilatérales et souvent illégitimes" des États-Unis en stigmatisant une "hyperutilisation de la force, presque sans limite". Le maître du Kremlin a accusé Washington de créer une situation telle que "personne ne se sent plus en sécurité" dans le monde.
 
Selon les spécialistes, cette confrontation au relent de guerre froide traduit surtout un vaste rééquilibrage stratégique à l'oeuvre depuis la chute du Mur. Dernièrement, le fiasco de l'hyperpuissance américaine en Irak et la montée en puissance de l'arme énergétique russe ont encore attisé des différends qui se sont exprimés à propos de l'extension de l'Otan, des droits de l'homme ou du statut du Kosovo.
 
L'affaire du bouclier antimissiles américain divise également les Européens, illustrant les clivages du Vieux Continent qui s'étaient manifestés lors de l'intervention américaine en Irak en 2003. Lundi, le chef de la diplomatie allemande, Frank Walter Steinmeier, a paru reprendre à son compte les griefs russes en déplorant que Washington n'ait pas, selon lui, mené des consultations avec la Russie avant de lancer son initiative.
 
Le ton diffère radicalement en Pologne, tête de pont de la "nouvelle Europe". Varsovie a exprimé son soutien résolu à l'initiative américaine en affirmant que celle-ci renforcerait la sécurité du pays. Mercredi, le premier ministre, Jaroslaw Kaczynski, a déclaré que son gouvernement souhaitait conclure un accord le plus rapidement possible avec les États-Unis, sans indiquer de calendrier. Toutefois, l'opinion publique n'est guère unanime, bon nombre de Polonais redoutant que l'installation d'un système antimissiles dans le pays n'en fasse une cible pour les terroristes.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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Des intercepteurs frappant au-delà de l'atmosphère

Le système de défense balistique prévu pour l'Europe vise une menace iranienne à longue portée.
 
On a coutume de résumer par une formule la complexité des systèmes de défense antimissiles d'aujourd'hui : il s'agit "d'arrêter une balle avec une balle". Pas simple, donc, comme l'ont montré les nombreux échecs enregistrés aux États-Unis.
 
Le système que Washington projette d'installer en Europe repose sur une dizaine d'intercepteurs basés en Pologne et des radars de détection installés en République tchèque. Il devrait ressembler à celui déjà implanté en Alaska, où entre 3 et 6 lanceurs ont été installés pour contrer une attaque de missiles à longue portée nord-coréens. Ils sont encore en phase de test, le dispositif devant être totalement opérationnel en 2012.
 
Sur quelle technique repose ce dispositif ? Un missile balistique peut être intercepté durant les trois phases de son vol : propulsée, à mi-course ou finale. Durant la première phase d'ascension, le moteur de propulsion développe une signature sur laquelle est basée l'interception. Les Américains envisagent de monter un "laser aéroporté" sur un Boeing 747 modifié. Le missile atteint son apogée au-dessus de l'atmosphère, avant d'entamer sa descente et de reprendre de la vitesse. C'est cette deuxième phase, à "mi-course", que vise le système antimissiles installé en Alaska, celui basé en Europe qui fait polémique aujourd'hui ainsi que le système Aegis, embarqué sur des navires de guerre. Les missiles peuvent enfin être interceptés dans une troisième phase, dite finale, pour laquelle les États-Unis ont deux systèmes principaux : Patriot modernisé et Thaad. Ces différents dispositifs sont plus ou moins adaptés aux divers types de missiles : de portée courte, moyenne ou intercontinentaux. "Multiplier le type d'intercepteurs permet d'accroître les chances de succès, sachant qu'aucun système n'a une probabilité d'interception supérieure à 70 %" explique Bruno Gruselle, de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
 
"Véhicule tueur"
 
Le dispositif qui devrait être basé en Pologne repose sur des intercepteurs "exo-atmosphériques", qui vont chercher le missile à mi-course, au-delà de l'atmosphère. Contrairement aux premiers Patriot employés durant la guerre du Golfe en 1991, il ne s'agit pas de détruire le missile ennemi en explosant près de lui mais de le frapper en impact direct (système "hit to kill"). Le missile antimissile comporte deux étages : une partie propulsive et une tête qui se détache. Cette tête devient un "véhicule tueur", qui, grâce à ses moyens radars ou infrarouges, va frapper sa cible. Pas de charge explosive, donc, mais le simple effet de l'énergie cinétique.
 
"Ce système n'est efficace que pour les missiles de plus de 1 500 kilomètres de portée, qui sortent de l'atmosphère", poursuit Bruno Gruselle. C'est l'Iran qui est visé par ce dispositif. Sa trajectoire de tir vers les États-Unis passe par l'Europe, même si son missile le plus performant aujourd'hui, le Shahab-3, ne porte pas à plus de 2 000 kilomètres. C'est donc à une menace de demain que le bouclier américain - pas opérationnel avant cinq ans - s'adresse.
 
"En tout cas, techniquement parlant, ce système antimissiles ne peut être vraiment gênant pour les Russes, poursuit Bruno Gruselle, d'abord parce que la trajectoire de leurs missiles vers les États-Unis passe plus au nord. Et, surtout, dix intercepteurs ne pèsent pas lourd face à 1 500 têtes russes". Moscou serait plus gêné par les radars permettant de surveiller ses essais. Mais là encore, Washington dispose déjà de deux sites radars en Europe, d'ailleurs en cours de modernisation : la base britannique de Flyingdales et celle de Thule, au Groënland.
 
La colère russe se nourrit donc de craintes plus politiques que stratégiques. Des lois de la géopolitique aussi compliquées que celles de la balistique.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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Le prince Harry part pour l’Irak

medium_HARRY.jpgAprès avoir défrayé la chronique pour ses frasques, le prince Harry devrait faire à nouveau la Une des journaux britanniques. Le Régiment de la Cavalerie royale des Blues, auquel appartient le fils du prince Charles, rejoint en mai ou en juin les troupes britanniques stationnées au sud de l’Irak, près de Bassorah.

Or le jeune homme de 22 ans, troisième dans l'ordre de succession au trône d'Angleterre, a toujours assuré qu’il irait servir au Moyen-Orient, si son Régiment y était affecté. Harry, sous-lieutenant dans le Régiment de la Cavalerie royale des Blues, "insiste pour remplir ses obligations comme n'importe quel autre officier", a indiqué une source militaire citée par le Daily Mirror.

 
Dispensé de certaines missions
 
Le ministre de la Défense avait également précisé il y a quelques temps que le prince se joindrait aux hommes de son bataillon s’il devait partir en Irak, mais que le jeune homme pourrait ne pas effectuer certaines missions, notamment lorsque sa présence pourrait mettre en péril ses équipiers.
 
Le prince, entraîné pour commander une équipe de onze hommes et quatre tanks, suit ainsi l'exemple de son oncle, le fils de la reine Elizabeth, le prince Andrew, qui avait servi comme pilote d'hélicoptère pendant la guerre des Malouines contre l'Argentine en 1982. Le grand-père du prince et époux de la reine, le prince Philip, s’était lui aussi illustré dans la Royal Navy pendant la Seconde guerre mondiale.
 
Si près de 7.100 soldats britanniques sont déployés en Irak, dans le sud du pays, Tony Blair a annoncé mercredi que 1.600 soldats britanniques quitteraient le pays "dans les prochains mois". 132 d’entre eux sont morts depuis l'invasion de mars 2003.
 
Source : FIGARO.FR 

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lundi, 19 février 2007

Pays de Galles : la révolte de Glyndwr (1400 - 1410)

Dans le siècle qui suivit la conquête du Pays de Galles, les Anglais ne firent rien pour rendre leur joug supportable. En 1400 éclata une révolte générale, et pendant plusieurs années les Anglais ne contrôlèrent plus au Pays de Galles que quelques châteaux et places fortes.

medium_Glyndwr_2.jpgLe chef de la révolte fut Owain Glyndwr (né en 1359), seigneur du Glyndyfrdwy, dans le nord-est du pays de Galles. Glyndwr descendait d'une famille princière galloise, mais il avait étudié le droit à Londres, avait servi le comte d'Arundel en tant qu'écuyer et avait combattu en Ecosse dans l'armée de Richard II. Il se peut que la déposition de Richard par Henri IV en 1399 ait entamé sa loyauté vis-à-vis de la Couronne anglaise, mais c'est une querelle territoriale apparemment banale l'opposant à Lord Grey de Ruthin qui le poussa à se révolter en septembre 1400. Ses partisans le proclamèrent prince de Galles, et il entreprit d'attaquer et de piller les villes anglaises situées sur la frontière. De nombreuses révoltes mineures avaient éclaté à la fin du XIVè s. à cause des exactions de plus en plus nombreuses des propriétaires terriens anglais pendant la période de chaos économique qui suivit la peste noire, et Glyndwr trouva de nombreux partisans. En 1405, le Pays de Galles tout entier était touché. Glyndwr évitait généralement les batailles rangées, préférant la guerilla, et les contre-attaques anglaises étaient peu efficaces.

Glyndwr rêvait d’une principauté galloise indépendante possédant un parlement, des fonctionnaires, des universités et une église indépendante avec un archevêché à St Davids. Il trouva des alliés anglais chez les Percy et les Mortimer, deux familles opposées à l’usurpation d’Henri IV, et les trois alliés s’entendirent jusqu’en 1405 sur un partage en trois de l’Angleterre qui aurait ajouté à la principauté de Galles les comtés anglais limitrophes. Glyndwr négocia aussi une alliance avec la France, qui envoya une troupe en 1405.

Les Français prirent Worcester, mais ne purent le conserver. Cet épisode marque le début des revers. Les Français se retirèrent en 1406. Ne pouvant espérer une autre intervention étrangère, les partisans de la révolte se découragèrent. En 1408 les Anglais contrôlaient à nouveau en grande partie le sud et centre du Pays de Galles, mais la résistance se poursuivit dans les montagnes du nord pendant plusieurs années encore. Glyndwr se réfugia en lieu sûr en 1410 ; en 1415 il refusa le pardon offert par Henri V, et quitta l’histoire pour la légende.

medium_Glyndwr.3.jpgLa révolte eut de sérieuses conséquences pour le Pays de Galles. Les années de guerre avaient dévasté villes et campagnes, et une législation répressive écrasa les Gallois jusqu’à l’accession au trône d’Angleterre de la dynastie des Tudor, d’origine galloise, en 1485. L’échec de la révolte mit fin aux aspirations des Gallois à l’indépendance. Désormais, leur but fut d’obtenir l’égalité de traitement avec les Anglais.

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Avancer ; c'est déjà conquérir !

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vendredi, 16 février 2007

Excalibur : une épée, une terre, un roi !

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L'Iran redoute une guerre civile

Un attentat revendiqué par un groupe sunnite a fait une dizaine de morts le 14 février, dans le sud-est du pays, faisant redouter un conflit interconfessionnel.
 
Le spectre de la "fitna" ("discorde" au sein de l'islam) serait-il en train de s'abattre sur la République islamique ? Dans un attentat d'une ampleur sans précédent, une dizaine de gardiens de la révolution ont été tués, hier, à Zahedan, chef-lieu de la province du Sistan-Baloutchistan, au sud-est de l'Iran, pays majoritairement chiite. D'après l'agence semi-officielle Fars, le groupe sunnite extrémiste Joundallah (Soldats de Dieu), réputé proche des talibans, aurait revendiqué la responsabilité de l'attaque.
 
"On ne doit pas laisser une guerre interconfessionnelle éclater dans cette province, car un éventuel conflit entre chiites et sunnites risquerait d'embraser le pays tout entier", s'alarme Hossein Ali Chahriari, député de Zahedan au Parlement iranien.
 
Trafiquants de drogue
 
La bombe, placée dans une voiture piégée de marque Paykan, aurait explosé au passage d'un bus transportant des membres de l'armée idéologique du régime iranien. Selon un témoin, cité par l'agence Isna, des assaillants en moto ont d'abord arrêté le bus en tirant à la mitraillette avant de faire exploser la bombe à distance.
 
Cette attaque particulièrement meurtrière s'inscrit dans la continuité d'une série d'autres incidents récemment survenus dans cette province située en bordure du Pakistan et de l'Afghanistan et qui héberge une importante minorité sunnite. Le Sistan-Baloutchistan est connu pour être le théâtre régulier d'altercations entre policiers et trafiquants de drogue. Mais, depuis plusieurs mois, attaques et rapts d'individus sont venus se greffer à l'habituelle instabilité qui y prévaut. Ils sont attribués aux partisans d'Abdolmalek Righi, à la tête du groupe Joundallah. Ce groupe s'était déjà manifesté en décembre 2005 en enlevant neuf soldats près de la frontière avec le Pakistan, avant de libérer huit d'entre eux, tuant le neuvième. En mars et mai 2006, il fut porté responsable de la mort de plusieurs passagers sur des routes proches de la frontière avec le Pakistan. Plus récemment, l'explosion d'une voiture piégée à Zahedan, survenue à la veille des élections locales du 15 décembre, causa la mort d'une personne.
 
En novembre dernier, les autorités iraniennes ont sévi en exécutant publiquement six membres du groupe Joundallah, dans les villes de Zahedan et d'Iranshahr. Elles accusent régulièrement les États-Unis et la Grande-Bretagne de soutenir certains groupes rebelles appartenant à des minorités ethniques et confessionnelles dans les provinces frontalières du pays. "Ceux qui ont commis cet acte épouvantable ne sont ni chiites ni sunnites. Ce sont des agents de l'arrogance mondiale", s'exclame le député Hossein Chahriari.
 
Appel à l'unité
 
Mais ces récents attentats rappellent une réalité beaucoup plus régionale et le risque de débordement du scénario irakien, où groupes sunnites et chiites s'entre-tuent, et qui relance le débat sur les craintes d'une "fitna", une guerre au sein de l'islam. Ce n'est sûrement pas un hasard si la classe politique et religieuse iranienne a multiplié, ces dernières semaines, les discours appelant à une unité entre chiites et sunnites. "L'unité entre chiites et sunnites doit venir du fond de leurs coeurs et pour l'amour de Dieu", déclarait récemment l'ayatollah Mohammad Emami Kachani, à la grande prière du vendredi.
 
La République islamique est accusée par Washington de soutenir certains groupes d'insurgés irakiens. Hier, un porte-parole de l'armée américaine annonçait même que l'imam radical chiite irakien Moktada Sadr s'était réfugié en Iran. Mais de l'avis de nombreux analystes, ces accusations américaines doivent être nuancées car, disent-ils, il n'est pas dans l'intérêt de l'Iran de provoquer un chaos qui risquerait, au final, de déborder sur son propre territoire.
 
Source du texte : FIGARO.FR 

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