vendredi, 29 septembre 2006

Le Congrès approuve la loi controversée sur les "combattants ennemis"

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"Il ne faut pas oublier qu'il existe toujours un ennemi voulant faire du mal aux Etats-Unis" a martelé George W. Bush, qui s’était personnellement rendu au Sénat jeudi pour présenter son projet de loi très contesté définissant un cadre juridique pour les prisonniers de la «guerre contre le terrorisme». Dans la soirée, le Congrès a finalement approuvé le texte par 65 voix contre 34, avec le soutien d'une dizaine de membres de l'opposition démocrate.
 
La veille, la Chambre des représentants avait voté un texte identique par 268 voix contre 153. George W. Bush devrait promulguer la loi dans les jours qui viennent.
 
L'état-major républicain a fait échec aux cinq amendements déposés pour nuancer le projet de loi, fruit d'un compromis âprement négocié entre la Maison-Blanche et une poignée de sénateurs républicains militant contre la torture. Le Sénat a notamment refusé de fixer à cinq ans seulement la durée d'application de la loi.
 
Le texte fixe surtout la procédure permettant de juger les "combattants ennemis" capturés dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" et détenus pour la plupart sur la base américaine de Guantanamo, à l'instar du cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khaled Cheikh Mohammed. Cinq ans après l’ouverture du camp, aucun prisonnier n'est encore passé en procès.
 
Suppression des recours en justice
 
En dépit des protestations de plusieurs dizaines de doyens de facultés de droit, le texte supprime pratiquement toute possibilité de recours en justice des prisonniers contre les conditions de leur détention - ce qui, selon l'opposition, pourrait être censuré par la Cour suprême, et retarder d'autant les procédures.
 
Par ailleurs, il rappelle que les agents chargés d'interroger les suspects ont désormais l'interdiction de recourir à la torture ou à des traitements "inhumains ou dégradants".
 
Mais pour l'opposition il laisse trop de marge de manœuvre au président. "Le président dit que les Etats-Unis ne se livrent pas à la torture mais ce texte permet au président de réinterpréter nos obligations et limite le contrôle du pouvoir judiciaire, ce qui met en danger nos troupes sur le terrain", estime le chef des démocrates Harry Reid. "Que s'est-il passé (depuis cinq ans) pour que le Sénat soit prêt à transformer le bastion de la liberté qu'était l'Amérique en un chaudron de soupçons géré par un gouvernement sans contrôle?" s'est aussi inquiété son collègue Patrick Leahy.
 
Qualifiée de "recul dramatique pour les droits de l'Homme" par l'organisation de défense des libertés individuelles ACLU, cette loi représente une rare victoire législative pour le président et sa majorité, à 40 jours d'élections parlementaires qui se jouent largement sur le thème de la politique antiterroriste.
 

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Identité

medium_Jean_DAUSSET.jpgChaque homme a son identité inscrite dans ses cellules.

 

Jean DAUSSET

Prix Nobel de Médecine en 1980

(Journal La Croix du 5 mai 1981) 

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Max WEBER : Credo du politique

medium_Max_Weber.jpgCe n'est pas la paix et le bonheur de l'humanité que nous avons à procurer aux générations futures mais la lutte éternelle pour la conservation et l'édification de notre caractère national. Nous n'avons pas le droit de nous abandonner à l'espoir optimiste d'après lequel notre tâche serait accomplie au sein de l'épanouissement le plus grand possible de la civilisation économique...

 

Max WEBER (1864-1920)

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jeudi, 28 septembre 2006

LA CATASTROPHE HUMAINE DE GAZA EST UNE BOMBE A RETARDEMENT

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Alors que l'attention mondiale est toujours centrée sur le Liban, à moins de 200 km au sud, Gaza constitue une bombe à retardement. Quelque 1,4 million de personnes, pour la plupart des enfants, sont ­entassées dans l'une des régions les plus densément peuplées du monde, sans liberté de mouvement, aucune place pour courir et nul endroit pour se cacher. Virtuellement sans accès extérieur depuis juin, Gaza connaît une montée de la pauvreté, du chômage, des pé­nuries et du désespoir. Tristement, ce dont Gaza a le plus besoin aujourd'hui est précisément ce dont il manque le plus : l'espoir.
 
Plus tôt en septembre, 35 pays, auxquels se sont joints l'ONU, le mouvement de la Croix-Rouge et les ONG, se sont réunis à Stockholm pour contribuer à restaurer quelques petites mesures d'espoir pour la population de Gaza. Les pays donateurs ont annoncé 116 mil­­lions de dollars supplémentaires pour les besoins humanitaires urgents dans les territoires palestiniens occupés, dont la moitié en réponse à l'appel de 384 millions de dollars de l'ONU. S'il faut féliciter les donateurs de leur initiative constructive, la population de Gaza a besoin de beaucoup plus, et rapidement. L'appel humanitaire de l'ONU nécessite toujours 42 % des fonds malgré les mises en garde d'une situation se dégradant rapidement, susceptible de déstabiliser de nombreuses familles.
 
Depuis que l'opération israélienne « Pluie d'été » a commencé fin juin en réponse à l'enlèvement d'un soldat des forces de défense israéliennes, un soldat israélien a été tué. Mais durant la même période, 235 Palestiniens ont été tués, dont 46 enfants. Chaque perte de vie humaine doit être déplorée. Mais il ne fait aucun doute que la réponse, mesurée en termes de victimes civiles, est disproportionnée. Pour les Palestiniens comme pour les Israéliens, les conséquences des affrontements de l'été sont dévastatrices de la même façon qu'elles sont néfastes pour les perspectives de paix dans cette région troublée.
 
L'accès par air, mer et terre a été virtuellement coupé à Gaza. Les mouvements de biens et de personnes ont presque cessé. L'approvisionnement en électricité et en eau, perturbé par l'attaque des forces de défense israéliennes sur les principales centrales électriques, est irrégulier et insignifiant. Les infrastructures civiles ont été affectées. Gaza demeure aujourd'hui dépendante de sources extérieures pour son approvisionnement alimentaire et commercial. Les conditions sanitaires se dégradent alors que l'accès à l'eau potable est insuffisant. Avec une économie palestinienne en chute libre continue, il faut s'attendre à une détérioration plus poussée des conditions sanitaires.
 
Imaginez : vous êtes une mère ou un père de Gaza, vivant sur une superficie inférieure au quart du grand Londres (1,620 km²) avec une population de la taille de Leeds (1,49 million d'habitants). Vous ne pouvez pas quitter ce territoire, ni importer ou exporter de produits. Vos enfants vivent dans la peur continue de la violence. La pénurie de l'essentiel, dont l'eau, augmente la propagation des maladies contagieuses et renforce encore les problèmes de la vie quotidienne. Chaque jour, jusqu'à 185 obus d'artillerie frappent votre territoire. Chaque nuit, vous assistez à des tirs de roquette aveugles sur Israël par des groupes militants. Vous savez que lorsque les représailles viendront, vous et votre famille ne serez pas épargnés par leurs effets.
 
Maintenant, imaginez que vous vivez en Israël, chaque nuit, des roquettes tombent. Des groupes armés minent votre pays, votre vie quotidienne et votre existence. Nous pensons qu'il n'est de l'intérêt d'aucune des parties que la violence prévale à Gaza ou en Cisjordanie, situées au carrefour de toutes les grandes cultures et religions du monde. Pour aider à désamorcer la bombe à retardement à Gaza, nous avons besoin d'une action sur trois fronts : humanitaire, économique et politique. En premier lieu, les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés par toutes les parties. Nous demandons au gouvernement israélien, en tant que puissance occupante, à l'Autorité palestinienne, et à tous les groupes armés à s'acquitter de leurs responsabilités au regard du droit international.
 
Une cessation des hostilités doit s'accompagner de la liberté de mouvement pour les civils et les travailleurs humanitaires. Pour la population de Gaza, la perception d'être piégée, confinée, de vivre en cage est intolérable et alimente encore le désespoir. L'accord sur le mouvement et l'accès du 15 novembre 2005 doit maintenant être pleinement mis en oeuvre.
 
La liberté de mouvement est aussi essentielle pour permettre aux personnels humanitaires d'atteindre ceux dans le besoin à Gaza et en Cisjordanie. Le passage de Karni, le principal point de passage entre Israël et Gaza, doit être transformé en zone de non-conflit, une zone protégée, ouverte aux flux de produits essentiels pour la population palestinienne. Une tierce partie indépendante pourrait être désignée pour surveiller cette zone pour répondre aux attentes d'Israël en matière de sécurité. La majorité de la population de Gaza dépendant de l'aide extérieure pour sa survie de base, restreindre l'accès humanitaire devient une question de vie ou de mort. Sur le front économique, nous demandons à Israël de libérer les 500 millions de dollars environ de revenus des impôts et droits de douane qu'il retient.
 
Ces fonds sont indispensables pour répondre de toute urgence aux besoins humanitaires et économiques. Mais l'argent seul n'est pas la réponse bien sûr, pas plus que des « plâtres humanitaires sur une plaie ouverte ». À la fin, seuls un retour au processus de paix et une solution durable, avec deux États, peuvent apporter l'espoir et la guérison dans cette région troublée. Le besoin est urgent. Le moment est maintenant. C'est une question de solidarité et une question de sécurité pour nous tous.
 
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Par Jan Egeland et Jan Eliasson [Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence ; ministre des Affaires étrangères de la Suède et ancien secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires (1992-1994)].
 
Source du texte : LE FIGARO.FR 

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Conclusions principales du "National Intelligence Estimate"

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Les peuples des pays musulmans sont, selon le Renseignement américain, le talon d’Achille du mouvement djihadiste. « La solution politique (des djihadistes, ndlr)- une gouvernance basée sur une interprétation ultraconservatrice de la charia- est impopulaire parmi la grande majorité des musulmans », indique le rapport. Il faut donc mettre en lumière la « camisole de force qu’implique la propagande djihadiste pour les couper de leur audience. Le rapport applaudit donc les prises de positions de quelques personnalités de l’islam contre cette radicalisation, et prédit l’émergence d’un activisme politique pacifiste en lieu et place de la lutte armée. 
 
Autre arme décisive : l’élimination des leaders charismatiques d’al-Qaida. Pragmatiques, les agences de renseignements savent qu’ils seront remplacés… Mais elles comptent sur le fractionnement progressif de la nébuleuse. Cette méthode a aussi l’énorme avantage de pouvoir provoquer des guerres de successions internes.
 
Le document met enfin l’accent sur la coopération : « Contrer le développement du mouvement djihadiste exigera des efforts de coordination multilatéral qui doivent aller beaucoup plus loin que la capture ou l’élimination des leaders terroristes ».

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mercredi, 27 septembre 2006

Deux CRS attaqués dans l'Essonne par des "indigènes" de la République

 
Les derniers éléments de l'enquête révèlent que les deux CRS n'ont pas été la cible d'une bande. Le profil assez hétéroclite des suspects appréhendés en témoigne. Parmi eux, figurent notamment deux chefs de famille – dont le père d'un bébé de trois mois –, un mécanicien automobile, le vigile d'une société de sécurité travaillant pour un hypermarché ou encore le pensionnaire d'un internat de l'Essonne âgé de 14 ans. Les autres suspects sont présentés, de source judiciaire, comme des «désoeuvrés» vivant d'économie souterraine. De nationalité française, ils sont originaires du Maghreb ou d'Afrique noire. Tous sont fichés dans le système de traitements des informations criminelles. Le plus connu est signalé pour une trentaine d'affaires, dont plusieurs faits de violences à agents ayant entraîné des incapacités de travail allant jusqu'à huit jours.
 
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Sans doute victimes d'un guet-apens, deux CRS ont été attaqués et blessés mardi soir par une vingtaine de jeunes à Corbeil-Essonnes, dans la banlieue sud de Paris, près de la cité des Tarterêts.
 
L'officier et le chauffeur étaient en patrouille dans le cadre de la lutte contre les violences urbaines quand leur voiture banalisée a été prise pour cible par une vingtaine de jeunes, qui ont apparemment surgi d'un fourré, au niveau de la cité des Tarterêts.

L'incident s'est produit vers 21h50. L'officier, qui souffre notamment d'une plaie à la tête et d'un hématome à l'œil, a dû être opéré en urgence dans un hôpital d'Evry. L'autre policier, qui a pris de nombreux coups, y est également soigné. Leur véhicule a été "sérieusement endommagé" et une enquête est en cours pour identifier leurs agresseurs.

Cet incident est intervenu au soir de la publication par le quotidien Le Monde d'extraits d'une note alarmante du préfet de Seine-Saint-Denis sur la situation dans cet autre département de la région parisienne.


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"Ils se sont déchaînés !" : le capitaine de la CRS 3 Ludovic Aubriot, 37 ans dont 15 au sein de la police, a raconté jeudi à des journalistes le guet-apens dans lequel son collègue et lui sont tombés mardi soir dans la cité sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. 
 
Son collègue et lui "en mission de lutte contre les violences urbaines, supervisaient les effectifs CRS sur le département de l'Essonne", raconte-t-il. "Je faisais le tour de l'ensemble de mes sections sur les trois secteurs sensibles de Corbeil-Essonnes et, au moment où nous sommes passés, on a subi le jet de deux projectiles", poursuit le capitaine. 
 
A peine les deux policiers s'étaient-ils arrêtés "pour voir quelles étaient les conséquences matérielles de ces tirs (que) en trente secondes, une vingtaine d'individus sont sortis des fourrés, très déterminés, et sont venus en découdre". "On a subi de plein fouet cette agressivité, très rapidement, je me suis retrouvé à à terre et, vous pouvez le voir même si ça a bien désenflé depuis, les personnes se sont déchaînées", résume-t-il.
 
 
"Ils se sont acharnés" 
 
Il estime à "au moins deux minutes" le temps pendant lequel il a été, ainsi que son collègue, roué de coups, particulièrement à la tête et au visage. 
 
Il leur aura fallu attendre "quatre minutes à partir du début des faits" pour que, alertés par une riveraine ayant assisté à la scène de sa fenêtre, "des renforts de ma compagnie arrivent". "Des minutes pendant lesquelles on est seuls et frappés", résume le capitaine Aubriot. 
 
Pour lui, le guet-apens ne fait aucun doute : "Par rapport à la brièveté et à la violence, je pense qu'il s'agissait d'une action concertée (de jeunes gens) qui s'attendaient à voir passer une voiture de police ou de pompiers ou d'un autre agent de l'Etat pour faire une action ciblée et, bien évidemment, quand ils ont vu que l'on était que deux, ils se sont acharnés", répète-t-il. 
 
Bien que "cette brièveté et cette soudaineté, sans signe avant-coureur particulier, nous (aient) choqués", Ludovic Aubriot a "un moral très bon". Même si "le citoyen que je suis est un peu révolté par cette haine qui s'est déchaînée sans raison", le policier reste déterminé à reprendre "très vite (son) métier. J'ai hâte de retourner parmi les miens, dans mon unité au service du public et de la sécurité de nos concitoyens".
 

 

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mardi, 26 septembre 2006

TITE-LIVE : La bataille du mont Olympe, à la fin de l'été 189 av. J.-C.

medium_armed_celts.jpgLes Gaulois émigraient en masses des villages et des champs, traînant avec eux-mêmes, leurs femmes et leurs enfants, tout ce qu’ils pouvaient porter et pousser ; ils se dirigeaient vers le mont Olympe pour s’y retrancher, protéges par leurs armes et par le site (…) les Tolostoboges avaient occupé le mont Olympe ; les Tectosages s’étaient séparés d’eux pour gagner une autre montagne, appelée Magaba ; les Trocmes avaient confié femmes et enfants aux Tectosages et décidé, avec les hommes armés, de porter secours aux Tolostoboges. A ce moment, les roitelets des trois peuples s’appelaient Orgiago, Combolomarus et Gaudotus ; ils avaient adopté cette stratégie surtout parce qu’ils pensaient, en tenant les sommets les plus élevés de cette région et en y apportant de quoi subsister aussi longtemps  qu’il faudrait, pouvoir fatiguer et dégoûter l’ennemi : celui-ci n’oserait pas approcher en traversant des endroits aussi escarpés et accidentés ; s’il essayait, une troupe réduite suffirait à l’arrêter ou à le troubler ; enfin, il ne supporterait pas, s’il s’installait au pied de ces montagnes glaciales, le froid et le manque d’aliments. Bien que l’altitude même du lieu les protégeât, les Gaulois entourèrent les sommets sur lesquels ils s’étaient installés d’un fossé et d’autres retranchements. (…) Les Gaulois, sûrs que leurs flancs sont tous deux inaccessibles, envoient quelque 4 000 hommes vers le sud pour occuper une colline qui domine le chemin, à moins d’un mille du camp, et en bloquer l’accès par les armes (…). Le combat s’engage de loin avec les armes de jet ; il est d’abord égal, car les Gaulois sont avantagés par le terrain et les Romains par l’abondance et la variété des projectiles ; mais à mesure que le combat avance, l’égalité cesse : leurs boucliers longs, mais trop étroits pour leur stature, et plats de surcroît, couvraient mal les Gaulois ; ils n’eurent bientôt plus d’armes à par leurs épées, qui ne servaient à rien puisque l’ennemi n’engageait pas le corps à corps ; ils lançaient des pierres (…) sans ajuster ni appuyer le tir, faute d’habitude ; frappés de toutes parts, à l’improviste, de flèches, de balles et de javelots, ils ne savaient que faire, aveuglés par la colère et la peur, et pris au dépourvu par un genre de combat auquel ils sont inaptes. Car si, dans le combat rapproché où l’on reçoit et inflige tour à tour des blessures, la rage les rend courageux, au contraire, quand ils ne peuvent se ruer nulle part dans un assaut aveugle, telles des bêtes transpercées, ils se jettent au hasard contre les leurs. Comme ils combattent nus et que leur peau est grasse et blanche, puisqu’ils ne se déshabillent que pour combattre, leurs blessures étaient mises à nu : ainsi la masse des chairs lassait couler plus de sang, les plaies béantes étaient plus affreuses et la blancheur du corps était plus souillée par le sang noir. Mais les plaies ouvertes ne les émeuvent guère : parfois, quand la blessure est large plus que profonde, ils arrachent la peau autour, pensant augmenter leur gloire. Mais quand une pointe de flèche ou une balle de fronde a pénétré dans la chair et la brûle, sous l’aspect d’une petite blessure, et qu’ils cherchent à arracher ce projectile qui ne vient pas, la medium_romain_au_combat_2.jpghonte et la rage les prennent d’être victimes d’un si minuscule adversaire, et ils se couchent à terre, si bien qu’alors ils gisaient épars ; d’autres se ruaient sur l’ennemi et étaient frappés de toutes parts ; et s’ils arrivaient au contact, l’épée des vélites les transperçait ; ce soldat est armé d’un bouclier de trois pied, porte du côté droit des javelots qu’il lance de loin, et à la ceinture d’un glaive espagnol ; s’il faut combattre au corps à corps, il fait passer les javelots dans la main gauche et tire l’épée. Il restait peu de Gaulois vivants : quand ils se virent battus par l’infanterie légère et menacés par les enseignes des légions, ils fuirent en désordre, rejoignirent le camp déjà rempli de terreur et de panique, comme tout endroit où sont mélangés femmes, enfants et toute la foule des gens inaptes à la guerre. Abandonnées par la déroute des ennemis, les collines accueillirent les Romains vainqueurs.

(…) Les Gaulois, craignant que leurs retranchements ne leur offrissent une protection insuffisante, s’étaient rangés en armes devant la palissade ; ils furent alors écrasés sous les projectiles de toutes espèces ; plus ils étaient nombreux et serrés, moins les tirs manquaient les cibles : en un instant ils sont contraints à rentrer, ne laissant que devant les portes des gardes solides. La foule repoussée dans le camp reçut une grande quantité de projectiles, et les cris mêlés de gémissements des femmes et des enfants révélaient le grand nombre des blessés. Contre ceux qui gardaient les portes, les éléments avancés des légions lancèrent leurs javelots ; ceux-ci ne les blessaient pas, mais les boucliers étaient traversés et fixés les uns aux autres. Les Gaulois ne soutinrent pas plus longtemps l’assaut romain.

Les portes étaient forcées ; sans attendre l’irruption des vainqueurs, les Gaulois s’enfuirent du camp dans toutes les directions (…).

 

Tite-Live (-59 +17)

medium_Tite-Live.jpgFils d'une riche famille, il fait d'abord des études de rhétorique qui l'amènent à s'installer à Rome. Mais il se consacre finalement aux lettres. Malgré ses convictions républicaines, il est très proche d'Auguste qu'il va d'ailleurs aider dans son entreprise de réhabilitation de la grandeur de Rome. En effet, s'il est historien, sa discipline est pour lui un genre littéraire qui doit édifier et idéaliser le passé du monde romain et les vertus du peuple. Dans ses cent quarante-deux livres que composent son Histoire de Rome, dont seuls des fragments nous sont parvenus, Tite-Live offre une fresque moralisatrice et oratoire dont Auguste se servit pour asseoir son pouvoir et renforcer l'unité nationale.

Histoire romaine, XXXVIII, 18-23

Traduction de Richard Adam

Paris, Les Belles Lettres, 1982 

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Classe guerrière celtique : terminologie

medium_CELTE_7.2.jpgRix (gaul.), ri (irl) : Roi

Ardri ou ri-rurech (irl.) : Roi suprême

Ri-coiceda (irl) : Roi de province

Ri-tùaithe (irl) : Roi de canton

Brenn (gaul.) : Chef d'expédition militaire?

Tigernius (gaul.) : Seigneur

Vassalus (gaul.) : Vassal

Vergobretos (gaul.) : Magistrat suprême

Flaith (irl.) : Noblesse guerrière

Aire desa (irl.) : Petit aristocrate

Camulos (gaul.), Trénfer (irl.) : Champion

Cingetos (gaul.), Cimbaeth (irl.) : Guerrier

Eporados (gaul.) : Cavalier

Ambactos (gaul.) : Guerrier d'élite lié à un noble

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THEODOR KÖRNER : L'APPEL AUX ARMES

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Debout, mon peuple ! La flamme monte, et la fumée !

Vois au Septentrion poindre la liberté !

Plonge et trempe le fer au coeur des ennemis !

Debout, mon peuple ! - La flamme monte, et la fumée !

Vite, à l'ouvrage, moissoneurs : les blés sont mûrs !

Le plus haut salut, l'espoir ultime habite les épées !

Que notre coeur loyal saigne à flot sous leurs armes !

...

Brise le soc, jette à terre le ciseau !

Poète, tisserand, laisse là ton ouvrage !

Que l'on quitte la ferme et quitte le château !

Le dieu qui sent passer le souffle des drapeaux 

Veut voir son peuple entier debout et sous les armes.

L'aurore impérissable où point la liberté

Attend que l'on bâtisse un autel à sa gloire ;

C'est à nous d'en tailler la pierre à coup d'épée

Et de fonder le temple sur la mort des héros...

Le ciel est avec nous, l'enfer tremble et recule !

"Debout, peuple, en avant !" clame la liberté !

Rythme lourd de ton coeur, rythme lourd des chênes !

Qu'importent les monceaux où s'entassent les corps ?

Plantent sur eux les étendards d'un peuple libre !

Mais lorsque dans l'éclat d'un lointain passé reconquis,

La Fortune à ton front mettra son auréole,

O mort, n'oublie point les morts qui tombèrent fidèles

Et pose sur leurs urnes une couronne de chêne !

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Karl-Theodor KÖRNER

1791 - 1813

Mort au combat à 22 ans

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lundi, 25 septembre 2006

IMMIGRATION : le peuple helvétique montre l'exemple à toute l'Europe

medium_tell.2.jpgC'est par un véritable raz-de-marée électoral que les Suisses se sont prononcés hier pour le durcissement de leurs législations sur l'asile et sur les étrangers. 68 % des votants ont approuvé des mesures limitant davantage l'immigration des travailleurs hors Union européenne et imposant de nouvelles restrictions aux demandeurs d'asile. La votation d'hier marque une nouvelle fois le paradoxe d'un pays qui compte avec 21% de sa population étrangère, l'un des plus forts taux d'Europe, et ses tendances au repli sur soi.
 
Proposés par Christoph Blocher, le bouillonnant ministre de la Justice et la Police, les deux textes avaient déjà été avalisés par le gouvernement et le Parlement, mais leurs opposants ont obtenu l'organisation d'un référendum. Sans surprise, le Parti socialiste, les Verts, des Eglises et des associations de défense des droits de l'homme comptaient parmi les farouches réfractaires à des mesures qu'ils qualifient d'inhumaines et d'inutiles. A l'inverse, l'Union démocratique du centre (UDC), droite nationaliste et anti-européenne dont Blocher est le porte-voix, les a justifiées en agitant le chiffon rouge des «abus du droit d'asile». L'UDC a été suivie, mais plus mollement par le Parti radical (droite) et le Parti démocrate-chrétien (centre droit) dont certains représentants ont admis le risque d'être «éclaboussés» par les relents xénophobes des thématiques.
 
Des peines supérieures aux législations européennes
 
La modification de la loi sur l'asile imposera désormais aux requérants de présenter des papiers d'identité (passeport ou document de voyage officiel) sous les 48 heures, à défaut de quoi ils seront automatiquement déboutés. Par ailleurs, les personnes en instance de renvoi qui refuseront de coopérer avec les autorités pourront être détenues jusqu'à deux ans, une durée supérieure à toutes les législations européennes en la matière. Pour Ruth Dreifuss, une ancienne conseillère fédérale (ministre) socialiste qui s'est lancée avec passion dans la bataille contre les nouvelles législations, ces mesures de contrainte sont particulièrement inappropriées : "Il y a une telle disproportion entre ce que l'on peut reprocher à ces personnes et leur imposer un enfermement de longue durée. Je ne peux pas l'accepter", déclarait-elle aux médias suisses.
 
Enfin, l'aide financière accordée aux requérants dont la demande a été rejetée sera sensiblement diminuée. C'est sur cette dernière thématique que l'UDC savait pouvoir éveiller les sensibilités populaires promptes à dénoncer les excès. Durant la campagne, ses représentants n'ont pas hésité à qualifier la grande majorité des requérants d'asile d'affabulateurs. Ainsi, la parlementaire Rita Fuhrer expliquait : "Sur les 10 000 demandes d'asile déposées chaque année (la Suisse compte 7 millions d'habitants], 75% sont abusives." Des chiffres en contradiction avec l'Office fédéral suisse des migrations qui estime à un tiers les requérants obtenant le droit légitime de recevoir une protection sur le territoire suisse.
 
Parallèlement, la nouvelle loi sur les étrangers adoptée hier complète la politique dite des deux cercles menée par Berne : d'un côté les travailleurs de l'UE et de l'AELE (Islande, Liechtenstein, Norvège) entrent librement sur le territoire mais de drastiques limitations sont imposées à tous les autres. Désormais parmi les ressortissants du deuxième cercle, seuls les spécialistes et les cadres pourront faire une demande de permis de séjour, selon un quota défini chaque année. En outre, l'obtention d'un permis d'établissement de longue durée (permis C) après dix ans de séjour ne sera plus automatique. Enfin les étrangers souhaitant résider en Suisse au-delà d'une année pourront être obligés de suivre des cours de langue ou d'intégration.
 

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