vendredi, 01 septembre 2006

KRAV MAGA

ENTRETIEN AVEC ROMAIN MORELL

Instructeur de KRAV MAGA au sein de l’EIKM

- Ecole Internationale de Krav Maga - 

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Theatrum Belli : M. Morell, depuis combien de temps pratiquez-vous le KM et depuis combien de temps êtes-vous instructeur ?

R. Morell : Je suis instructeur depuis quatre ans et mon premier contact avec cette discipline s'est fait voici sept ans.

TB : Quel est votre cheminement en matière d’art martial ?

R. Morell : J’ai pratiqué le Viet Vo Dao à partir de l'âge de six ans. J’ai également pratiqué la lutte. Ensuite, j’ai eu un vide de quatre années jusqu’à ma découverte du KM.

TB : Justement, quelles furent vos motivations pour rejoindre cette discipline, encore assez peu connue en France ?

R. Morell : La rencontre avec le KM fut le fruit du hasard. J’ai suivi un stage en région parisienne dirigé par Philippe Kaddouch où des amis s’étaient déjà inscrits. Je dois avouer que la logique et la façon d’utiliser l’être humain biomécanique ainsi que la dominante mentale du combat enseignée dans le KM ne m’a pas parue évidente immédiatement. Confronté aux problèmes que peut rencontrer un "adolescent de bonne famille" en banlieue, il faut bien dire que la course à pied a été bien souvent plus utile qu’une pratique martiale classique. Une fois débarrassé des préjugés et du conditionnement de plusieurs années de pratiques différentes, le KM m’offrait toute sa richesse et des solutions techniques insoupçonnées jusqu’alors.

TB : A  quels types de techniques faites-vous référence ?

R. Morell : Plus qu’à des techniques, dans le KM nous faisons appel à des principes très simples (physiques, biomécaniques, de géométrie dans l’espace…) qui nous permettent de résoudre des problèmes concrets. C’est l’agresseur ou la personne avec laquelle vous engagez une confrontation violente qui fixe les paramètres avec lesquels vous allez devoir composer et apporter la solution la moins mauvaise à la situation à laquelle vous avez à faire face.

TB : Par exemple…

R. Morell : Par exemple, j’ai compris grâce au KM quelles étaient mes limites et acquis le coup d’œil rapide qui détermine ce que je peux ou ne peux pas faire : maîtriser une personne isolée est une chose ; mais si trois de ses copains sont à portée de poings et/ou de pieds cela devient stupide de rester au contact avec une seule personne.

TB : Comment pouvez-vous expliquer qu’une discipline issue du milieu militaire puisse se développer régulièrement dans la sphère civile, surtout depuis ces dix dernières années ?

R. Morell : Tout simplement, parce qu’au fondement, l’intelligence militaire est assez limitée : en matière de performance et de création pure, les « close-combats » tirent leur source de sportifs de haut niveau ou de personnalités qui restent marginales et atypiques dans le milieu militaire. Dans le cadre du KM, ce dernier fut développé par Imrich Liechtenfield, sportif juif de haut niveau (boxe, lutte, gymnastique) en Europe centrale qui a réfléchi sur les moyens d’optimiser ses qualités physiques pour le combat de rue. C’est un juste retour des choses, le militaire au milieu de ses camarades n’a au final que très peu l’occasion d’utiliser le combat au corps à corps, car cela impliquerait que ses armes aient été détruites, qu’il soit seul et tente d’échapper à une capture par exemple (même si dans le cadre de missions de maintien de l’ordre, les militaires peuvent avoir à se servir d’armes blanches ou de leurs poings, leur formation est très courte et bien moins riche que pour un civil, croyez en mon expérience d’officier de réserve). En revanche, M. Dupont est beaucoup plus susceptible d’être confronté à une situation complexe où il aura à gérer plusieurs paramètres (violences verbales et physiques, intimidation…). Dans ce cadre, le KM peut lui permettre de faire le point, d’avoir une plus grande lucidité qu’auparavant sur la situation et de résoudre le problème avec le moins de dommages pour lui
TB : M. Morell, nous vous remercions pour cette présentation.
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Propos recueillis le 28 août 2006 par Erik Gerfaut.

Pour les lecteurs parisiens intéressés par cette discipline,

vous pouvez contacter Romain MORELL au 06 62 16 33 34.

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