jeudi, 02 février 2012
Droits et devoirs du citoyen : le service militaire à Athènes
Au VIIe siècle, partout en Grèce, c'est la révolution hoplitique (ὁ ὁπλιτής, l'hoplite, le fantassin) qui avait jeté les bases de la citoyenneté. Athènes, quoique démocratique, n'en demeurait pas moins une cité en armes et le citoyen devait toute sa vie à la défense de sa cité. Cependant, contrairement au système qui prévalait dans les cités régies par une oligarchie militaire, comme Sparte, et mise à part la période initiatique de l'éphébie, la mobilisation n'était obligatoire qu'en temps de guerre. Certes, entre le début du Ve siècle et la fin du IVe siècle, les conflits furent nombreux mais il est essentiel de rappeler que le citoyen athénien retrouvait sa terre, sa famille et ses autres occupations lorsqu'il n'était pas en campagne.
Modes de mobilisation et d'affectation
L'affectation d'un citoyen dépendait d'abord de sa classe censitaire. Les thètes étaient incorporés dans la marine comme hommes d'équipage et rameurs (ὁ ναυτής) ou comme soldats de marine (ὁ ἐπιϐάτης), les classes moyennes (zeugites et "cavaliers") fournissaient les contingents des hoplites (infanterie lourde) et les pentacosiomédimnes étaient affectés dans la cavalerie.
L'affectation dépendait aussi de la tribu et de la trittye d'origine. Les contingents d'hoplites étaient organisés en classes (ἡ τάξις). Chaque "taxis" constituait un corps de troupe homogène de citoyens issus de la même tribu. Chaque hoplite combattait donc aux côtés de ses compagnons de dème. Nous avons moins de certitudes pour l'affectation des marins et des rameurs. Il semble que celle-ci dépendait d'une organisation plus ancienne en naucraries (ἡ ναυκράρια) et que la répartition s'y faisait en fonction de l'appartenance à une trittye.
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lundi, 30 janvier 2012
Y a-t-il eu une pensée navale romaine ?, par Jean Pagès
On ne possède pas de textes d'historiens ou de penseurs de l'Antiquité latine ou grecque qui auraient traité de cette question telle qu'on l'énonce, peut-être avec trop de facilité, de nos jours ; en Grèce, la marine avait toujours tenu une grande part dans les préoccupations des politiques, surtout après Salamine, mais n'avait donné lieu qu'à des déclarations de politique navale, sans qu'il soit fait référence à une pensée stratégique plus affinée qui restait sous-jacente. Il en allait autrement à Rome : pour le citoyen moyen, la marine jouait un rôle secondaire et était méprisée par comparaison aux services glorieux des légions. En revanche, ceux qui eurent la charge de la destinée de Rome, tant durant la période républicaine que sous l'Empire, avaient compris l'importance de la marine et Auguste le premier eut l'intuition d'une stratégie navale à l'échelle de l'empire.
Le chapitre de l'histoire de Rome concernant la marine, tant républicaine qu'impériale, a été négligé par les historiens de l'Antiquité, qui ne nous ont donné que des renseignements imparfaits. Le seul auteur qui aurait pu nous éclairer sur la pensée navale romaine de la période républicaine est Polybe (200-125 avant J.-C.) ; malheureusement la partie de son œuvre qui aurait pu nous apprendre comment, en si peu de temps, les Romains ont atteint une telle supériorité sur mer est perdue. Quant à Tite Live (64 avant à 17 après J.-C.), son Histoire n'apporte que peu de renseignements. De même les auteurs de l'époque impériale ne se sont guère intéressés à la création des flottes de Misène et de Ravenne et curieusement Auguste lui-même, qui en était le père, n'en dit rien dans l'inscription d'Ancyre considérée pourtant comme son testament. Dion Cassius (IIe/IIIe siècle après J.-C.) n'en dit pas plus. Strabon (63 avant/19 après J.-C.) a bien forgé le concept de thalassocratie (thalassokratia. géographie, 48), qui connaîtra plus tard une grande vogue, mais la perte de ses écrits historiques empêche d'apprécier l'importance qu'il lui accordait. Quant à Suétone (69 à 122 après J.-C.), il rapporte que les Romains, dans leurs préjugés tenaces contre la marine, ont estimé que l'existence de ces flottes était pour eux un fait négligeable.
Cependant, certains chercheurs contemporains ont tenté d'étudier, non pas le problème de la pensée navale romaine, mais celui de la rencontre de Rome avec la mer et ses conséquences.
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samedi, 21 janvier 2012
Christian J. Guyonvarc'h, spécialiste des études celtiques est décédé
Joseph Guyonvarc'h, linguiste et historien, spécialiste reconnu au plan international des études celtiques, est décédé le 9 janvier, a appris l'AFP auprès de l'un de ses éditeurs, les éditions Armeline.
Une maîtrise de trois langues celtiques
Traduit dans une dizaine de langues, Christian J. Guyonvarc'h était un spécialiste de la mythologie et des langues celtiques. Il avait soutenu sa thèse de doctorat d'Etat en 1980 sous la présidence du grand linguiste et philologue Georges Dumézil, qui n'a accepté cette responsabilité qu'à trois reprises au cours de sa longue carrière.
Né à Auray (Morbihan) en 1926, bretonnant de naissance, cet érudit, qui a mené ses recherches toute sa vie avec son épouse, Françoise Le Roux, spécialiste des religions et également élève de Dumézil, avait enseigné pendant plus de 20 ans l'irlandais ancien et le breton à l'Université de Rennes II.
Il était l'un des très rares spécialistes à maîtriser les trois principales langues celtiques (gaélique, gallois et breton) dans leurs états ancien, moyen et moderne, donnant un accès direct aux sources. A ce titre, Jean-Marie Gustave Le Clézio (prix Nobel de littérature), qui dirige la collection "l'Aube de peuples" chez Gallimard, lui avait confié la traduction de l'épopée irlandaise "La razzia des vaches de Cooley".
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mercredi, 18 janvier 2012
L’organisation militaire de la monarchie séleucide
La dynastie issue de Séleucos eut à gérer, comme les Achéménides l’avaient fait avant elle, de nombreux peuples toujours prompts à l’indiscipline ou à la sédition. L’on oppose ainsi toujours cette fragilité intrinsèque de la construction politique des Séleucides à la relative solidité des autres ensembles du monde hellénistique : monarchie "nationale" des Antigonides de Macédoine, royaume reposant sur la stabilité et la prospérité d’une cité-État comme Pergame ou s’étant coulé dans des institutions pré-existantes, comme dans le cas des Lagides, qui ont su recueillir le fruit des efforts de centralisation et d’administration des Pharaons.
Dans ce contexte, plus encore que pour les autres monarchies, l’armée apparaît comme le soutien du souverain et la garante de la perpétuation de la dynastie. Dans l’idéologie de la royauté hellénistique, le souverain est d’abord un chef de guerre qui possède son royaume "par la lance", en vertu du droit de conquête. Il ne peut garder son rang qu’en demeurant toujours victorieux.
Dans la réalité ensuite, l’armée assuma, de 301 av. J.C. à 64 av. J.C., la tâche de combattre les ennemis extérieurs (Égyptiens, Parthes puis Romains).
Un bref rappel de l’histoire montre l’importance vitale de la guerre dans l’évolution des territoires séleucides.
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mardi, 20 décembre 2011
Sparte dans la guerre du Péloponnèse : une rupture idéologique, politique et militaire
Cette étude s’efforce d’expliquer l’ensemble du mouvement de rupture qu’à connu Sparte pendant la Guerre du Péloponnèse. De fait, sortie victorieuse du conflit qui dura vingt-sept ans, de 431 à 404, Sparte n’est pourtant plus que l’ombre d’elle-même après la guerre et cesse définitivement de correspondre à la légende que son passé lui a légué. La Guerre du Péloponnèse a significativement bouleversé les manières grecques, et celles de Sparte en particulier.
Thucydide, historien contemporain du conflit, s’est montré un analyste fin des tourments et des vicissitudes que connurent les Grecs durant cette période. Il n’est pas difficile d’être convaincu du bien-fondé de l’affirmation de Victor Davis Hanson selon laquelle "aucun conflit dans l’Histoire n’est aussi riche d’enseignements pour notre époque que la Guerre du Péloponnèse". L’échelle n’est pas la même bien sûr, mais on y trouve tous les travers des conflits d’aujourd’hui, guerre économique, guerre d’influence, affrontements terrestres, navals, terreur, menaces sur les populations civiles, conflits asymétriques, hégémonie du plus fort dissimulée en droit, imposition d’un modèle politique, arbitrage extérieur, traités de paix bafoués etc.
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mercredi, 16 novembre 2011
Rappelez-vous les temps de conquête...
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lundi, 14 novembre 2011
Les Germains (Documentaire en 4 épisodes)
Barbares contre Romains
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Alexandre le Grand
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jeudi, 03 novembre 2011
Les guerres puniques
La bataille pour la domination en Méditerranée, qui avait si souvent opposé Grecs et Perses, Phéniciens, Étrusques et Carthaginois, s'acheva pour longtemps après les guerres puniques. Désormais Rome se trouvait en quelque sorte seule au monde à gouverner. Mais il y avait bien plus : en cette année 146, qui marquait la fin des conflits, c'était une ville tout entière qui disparaissait dans les flammes, comme jadis Troie sous l'assaut des Grecs. Carthage, l'ancienne colonie de Tyr, fondée, selon la légende, sept siècles auparavant dans le grand mouvement migratoire qui avait conduit tant de peuples d'Orient en Occident, Carthage venait de succomber, et, dans ce saccage, ses archives étaient anéanties, sa belle bibliothèque dévastée et dispersée. Ainsi vécut-elle le sort des vaincus : celui de ne survivre que dans - et selon - la mémoire et la langue des autres.
Sur les trois guerres qui opposèrent Carthage et Rome de 264 à 146, ces guerres dites puniques, du nom latin Poeni par lequel les Romains désignaient leurs rivaux, les sources sont en effet ou grecques ou romaines. C'est d'abord le Grec Polybe qui nous renseigne le plus : arrivé comme otage à Rome en 167 et présent lors du sac de Carthage en 146, il porte un témoignage exceptionnel sur toute la période. Avec lui, l'histoire politique se fait réflexive et universelle - à la mesure de son projet : raconter les étapes de l'unification du monde par la conquête romaine. Il y a aussi Tite-Live, historien latin (64 av.-17 apr. J.-C.), dont nous est parvenu le récit détaillé de la guerre d'Hannibal. Il y a encore Appien d'Alexandrie, qui vécut au IIe siècle de notre ère et dont la narration suit une tradition assez différente de ses prédécesseurs. Entre Polybe et Appien, avant et après, de nombreuses pages furent écrites sur le sujet dans les histoires de Rome ou les histoires universelles, dans les monographies sur l'Afrique ou les biographies d'hommes illustres. Mais de cette abondante littérature ne nous sont parvenus le plus souvent que des fragments ou de simples allusions: : tel est le cas des Annales de Q. Fabius Pictor ou de L. Cincius Alimentus, qui prirent part à la guerre d'Hannibal, des Histoires du Lacédémonien Sosylos d'Élis, qui fut le professeur de grec d'Hannibal, de l'ouvrage de Philinos d'Agrigente, qui vécut lors de la première guerre punique, du Siciliote Silenos de Kalè Aktè, qui fut l'un des compagnons d'armes d'Hannibal, ou enfin de Chairéas, dont on ne connaît que le nom.
Écrit par SG (Webmaster) dans Antiquité, Externalisation - privatisation (Mercenariat), Guerre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : guerres puniques, carthage, hannibal |
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lundi, 24 octobre 2011
Paru en septembre : Quades et Marcomans contre Marc Aurèle
Dès 167, les Marcomans, les Quades et les Sarmates, suivis par d'autres peuples, dans une formidable coalition, brisent les défenses romaines sur le Danube, dévastent les provinces frontalières, menacent l'Italie et les Balkans. A la tête d'un empire affaibli (guerre contre les Parthes, vaste épidémie), Marc Aurèle doit rétablir l'ordre... Ce conflit de quinze années marqué par la mort de deux empereurs loin de Rome, constitue le prélude de ce que les historiens appellent la "crise du IIIe siècle".
L'auteur :
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