2è guerre mondiale
La 33e Division SS dite Division Charlemagne était une division de la Waffen SS qui servit durant la Seconde Guerre mondiale. Constituée de Français volontairement engagés sous l'uniforme allemand contre le bolchevisme.
Heinrich Himmler souhaitait intégrer tous les volontaires étrangers dans la Waffen SS (qui comprenait déja un certain nombre de volontaires français depuis le 23 juillet 1943).
Elle remplace entre autres la Légion des volontaires français (LVF). Elle fut formée à Wildfleken à partir de juillet 1944 à partir d'unités disparates regroupées autour de la Sturmbrigade SS Frankreich :
1200 rescapés de la LVF,
un millier de rescapés de la Sturmbrigade SS Frankreich (de la Waffen SS)
2500 franc-gardes de la Milice,
1500 volontaires français de la Kriegsmarine,
quelques centaines de volontaires des Schultzkommandos (SK) de l'Organisation Todt
quelques anciens de la National-sozialistische-Kraftfahrkorps (NSKK).
Soit au total de 7 à 8000 hommes, mais les deux tiers d'entre eux n'auraient pas été aptes au combat.
Elle fut commandée par le général Krukenberg.
Cette division sera pratiquement anéantie fin février 1945 entre Stettin et Dantzig en Poméranie face à l'armée soviétique (elle comptait alors environ 7000 soldats dont 3000 mourront) puis à Körlin le 5 mars 1945. Le dernier bataillon de cette division participera à la bataille de rue pour la prise de Berlin au sein de la division Nordland.
Parmi les derniers défenseurs du bunker d'Adolf Hitler figuraient, paradoxalement, quelques 300 volontaires français.
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Le 24 avril 1945, changement radical dans le devenir d'une partie des SS français. Le 16 avril 1945, les maréchaux Joukov et Koniev déclenchent leur offensive sur Berlin. Krukenberg reçoit alors l'ordre d'aller prendre à Berlin le commandement de la 17e division de grenadiers SS Nordland, composée de volontaires danois, suédois et suisses. Il est autorisé à se faire accompagner par un
« détachement de protection » , formé de 250 volontaires français, à la tête duquel est placé le jeune Henri Fenet. Milicien ayant bifurqué vers la Sturmbrigade, inflexible et le regard dur, toujours présent au coeur de l'action - blessé, il continuera de diriger le combat, soutenu par ses hommes -, le Hauptsturmfuhrer (lieutenant) Henri Fenet sera l'animateur et l'acteur principal, du côté français, de la sanglante et désastreuse bataille de Berlin.
Le 21 avril, les troupes soviétiques entrent dans Berlin. Trois jours plus tard, les SS français les suivent, s'installant à proximité du Reichssportfeld, résidence des athlètes lors des jeux Olympiques de 1936. Le secteur de combat des Français, et de la Nordland qui leur est associée, se situe au nord-ouest du quartier de Neuköln. Leur objectif? Débarrasser les lieux des francs-tireurs russes qui s'y sont infiltrés et, surtout, protéger la chancellerie du Reich, où se trouve ce monstrueux cercueil de béton et de fer dans lequel Hitler s'est retranché.
Sept jours et sept nuits durant, les SS français vont se battre, sous la conduite d'un chef de 25 ans, fanatisé comme eux, et certains que tout est désormais perdu. Se battre, même si c'est inutile, telle est la folle devise de la Waffen SS, française comme allemande, à la veille de la chute de l'empire national-socialiste. Qu'importe d'ailleurs à ces soldats perdus de mourir, dès lors qu'ils ont tenté de remplir le contrat qu'ils s'étaient donné, barrer la route au communisme et demeurer fidèles, envers et contre tout, au Führer.
Ayant établi leur cantonnement dans une brasserie de la Hermannplatz, les SS français, appuyés par les blindés de la Nordland, progressent le long des artères de la ville, visitant chaque maison afin de les « nettoyer » , à la grenade et à la baïonnette. Le spectacle qu'ils découvrent dans certaines d'entre elles, après le passage des Soviétiques, est parfois si insoutenable qu'il soulève, paraît-il, le coeur de ces guerriers.
La pression des Russes se faisant de plus en plus forte. Les SS français sont contraints de se replier, sur l'hôtel de ville de Neuköln tout d'abord, puis, le soir venu, sur la Hermannplatz, où ils arrachent les pavés pour édifier des barricades, tout en « se payant » , avec leurs Sturmgeschutz (canons d'assaut), quelques chars russes en route vers la chancellerie.
Dans la nuit, les SS français doivent opérer un nouveau « repli stratégique » - le journée -, et c'est la brasserie Thomas Relier qui les accueille, pour quelques heures de repos. Quelques brèves heures, car, très vite, c'est à nouveau la fuite. C'est cette fois dans les couloirs du métro, à la station Stadtmitte, qu'ils se réfugient, en compagnie de Krukenberg, qui y installe son PC, et d'une foule de Berlinois fuyant les combats. Des combats qui, bientôt, les rattrapent, le métro comme les égouts devenant le lieu de violents affrontements. Le 28 avril est la journée la plus dure vécue par les SS français dans l'enfer de Berlin. Dirigés vers la place Belle-Alliance, noeud stratégique où convergent la Wilhelmstrasse et la Friedrichstrasse, conduisante la célèbre avenue Unter den Linden, principale artère de la capitale et voie d'accès à la chancellerie du Reich, les SS français reçoivent l'ordre de verrouiller, avec l'aide du Volkssturm (défense populaire), les entrées de la Wilhelmstrasse et de la Friedrichstrasse, de manière à interdire l'accès à la porte de Brandebourg et à l'Unter der Linden. Donc à la chancellerie du Reich, où se trouve la tanière du Führer.
Terrés dans les caves des immeubles, les Français voient leurs lignes de défense enfoncées les unes après les autres, et les Russes s'approcher inexorablement du bunker d'Hitler. Les pertes sont énormes. Les SS ne sont bientôt plus qu'une poignée. Autour d'eux, Berlin, à feu et à sang, n'est plus qu'un champ de ruines. Aussi est-ce une vision d'horreur qui s'offre aux Français lorsqu'ils se hasardent hors de leurs caves. Henri Fenet raconte le cauchemar vécu par ses hommes : « Berlin s'illumine dans l'incendie qui le dévore. Une clarté sinistre s'est répandue sur toute la ville, maintenant nimbée d'une auréole rougeâtre sur laquelle les flammes qui s'élèvent tout autour de nous projettent leur violente lueur. Les ruines se découpent dans le ciel incandescent, prennent des contours irréels, hallucinants... De quel drame cosmique sommes-nous devenus les acteurs ? Tout cela n'a plus rien de terrestre ; ces ruines croulent dans un fracas d'explosions, le sol qui tremble en grondant sous nos pieds, ces couleurs tragiques dont la nuance ne se maintient jamais... On a parfois l'impression que la terre va s'ouvrir, que tout va retourner au chaos. »
Capturés et massacrés
Le 30 avril, les SS français s'accrochent toujours, ignorant qu'après avoir épousé Eva Braun, sa maîtresse, le Führer vient, à 15 h 20, de se suicider, avalant une pilule de cyanure et se tirant une balle dans la tête, et que son corps a été brûlé dans la cour de la chancellerie. Le 2 mai, les SS découvrent, à travers les soupiraux de leurs caves, des rues vides, étrangement calmes et silencieuses. Plus aucun blindé. Aucun soldat russe.
Traqués de toutes parts, les SS français tentent de fuir. Mais ils sont capturés ou massacrés. C'est alors, selon le mot de Fenet « la grande kermesse des vainqueurs » . « Au milieu de cette foule de soldats rouges, écrit-il, nous éprouvons au-dedans de nous-mêmes comme une brûlure atroce, la sensation physique de la défaite et de l'esclavage dont la contrainte s'abat sur nous. C'est l'heure de l'universelle malédiction : nous y sommes préparés. »
Ce discours se perpétue aujourd'hui sur les lèvres des rares survivants.
Bassompierre martèle en prophète du néofascisme : « Les derniers défenseurs de cette grande capitale - le dernier carré -furent des Français un présage de cette solidarité européenne qui finira par s'imposer malgré tous les préjugés, face à une Asie de plus en plus redoutable. »