MYTHOLOGIE GUERRIERE

WALHALLA

WALHALLA

« Valr » est le terme collectif désignant les morts qui ont été occis au combat, et « höll » notre halle, salle. Désignation courante en français : Walhalla
Halle des guerriers tombés sur le champ de bataille


Si l’on part de l’étymologie, on obtient l’image d’une sorte de « paradis » pour guerriers. Mais si l’on retient le sens plus vague de « mort » (en général), on aurait alors « pierre », ou « mont des morts », ce qu’attesteraient divers toponymes attachés à des montagnes. La croyance voulant que les morts « entrent » dans les monts imprègne plus d’une saga (Eyrbyggja saga, chap. 11, ou Njalssaga, chap. 14) et rejoindrait l’une des deux conceptions de l’Autre Monde qui ont eu cours en Scandinavie ancienne (la seconde étant « Hel »). La première acception est toutefois la mieux illustrée dans nos textes.

Selon Snorri Sturluson et la tradition confirmée par divers textes poétiques, eddiques ou scaldiques, il s’agirait du lieu où se rendent les « einherjar », ou guerriers d’élite, expressément choisis par les Valkyries aux ordres d’Odinn pour former l’armée qui, lors des « Ragnarök », affrontera les forces du chaos. Sise dans Asgardr, la Valhöll est une demeure splendide au toit fait de lances et de boucliers et aux bancs jonchés d’armures. Elle dispose de 540 portes, et par chacune d’elles sortiront, le jour du Ragnarök, 800 « einherjar ». L’entrée principale, ou « Valgrind » (Grille-des-occis, qui pourrait renvoyer à la barrière que doivent franchir les trépassés pour pénétrer dans l’Autre Monde) est surmontée d’un loup au-dessus duquel plane un aigle.

En attendant le moment de l’ultime combat, les « einherjar » passent leurs journées à s’entre-bttre sans souci : en effet, le soir venu, les blessés guérissent miraculeusement de leurs plaies, puis festoient en buvant l’hydromel qui coule des pis de la chèvre « Heidrun » - installé sur le toit de la Valhöll, elle broute les feuilles d’un arbre (sans doute Yggdrasill) – et en consommant la chair du sanglier « Saehrimnir » servie par les valkyries, chair qui se régénère sans cesse. Le maître des lieux est Odinn qui, lui, ne se nourrit que de vin ; il donne son repas à ses deux loups, « Geri » et « Freki ».

L’idée de « Ragnarök » est de type « absurde » puisque les « einherjar » y périront tous. Aussi est-il tentant de voir dans cette affabulation très élaborée une image spplémentaire de la notion onirique ou magique que se faisaient les anciens Scandinaves de l’au-delà, notament dans sa version odinique. Selon la célèbre théorie de Magnus Olsen, cette représentation serait née du récit d’un voyageur nordique à Rome qui aurait assisté à des combats d gladiateurs dans le Colisée. La Valhöll semble toutefois ressortir plus au monde de la poésie ou de l’imagination qu’à celui de la religion païenne proprement dite, sinon dans la première acception du mot.