ENVIRONNEMENTS DU COMBATTANTDernier volume de la série d’actes de colloques, tenus à Metz sur un cycle de quatre ans (I, Former des soldats au feu ; II, Obéir et commander au feu ; III, Les environnements du combattant), sur le thème des blessures physiques et psychologiques.

Seize contributeurs dans cet ultime opus, dont les textes sont rassemblés en deux grandes parties : « L’expérience traumatique » et « Soins, prises en compte et gestions des traumatismes ». Des exemples nombreux et des cas concrets variés de traumatismes « empruntés à différents conflits des XIXe au XXIe siècles » sont ici analysés par les historiens, « mais sont constamment mis en perspectives d’analyses juridiques, médicales, sociologiques et ethnologiques ».

Le volume s’ouvre sur l’un de mes textes, sur le thème de « La difficile évaluation des pertes », et se poursuit par une évocation « Des multitraumatisés : les prisonniers de guerre » (François Cochet), puis Julie d’Andurain s’intéresse au « Soldat colonial : gibier d’hôpital ? ». Au fil des contributions, Christophe Bechet revient sur « Les traumatisés de Sedan (1870) et la Belgique » ; Jean-Noël Grandhomme sur « Quelques cas relevant de la psychiatrie parmi les officiers généraux de la Grande Guerre » ; Francis Balace nous parle avec brio et humour de « La ‘parachutite’ de mai 1940 en Belgique : hallucination collective ou dérive de précautions ? » et Hervé Tremblay des « Mutilations volontaires dans l’armée canadienne en Europe, 1940-1945 ». Parmi les contributions originales, relevons également celle d’Anastasios Zografos sur « Les volontaires grecs de la guerre gréco-turque en Asie mineure : des prisonniers de guerre de Mustapha Kemal » ; celle de Philippe Frin sur « La construction juridique du statut du blessé à partir de 1863 » et les deux contributions de Yann Andruétan : « Les opérations extérieures vues par un psychiatre » et le très intéressant « Raconter la guerre à l’âge de YouTube, les nouveaux récits des combattants ».

« Reliant à la fois le temps long aux événements récents (de 1870 à la dernière guerre d’Afghanistan), les espaces (le front et l’arrière) et la nature des blessures (de l’âme et du corps) », comme le souligne Julie d’Andurain dans sa conclusion, ce dernier volume clôture en beauté quatre années de travaux particulièrement riche. N’hésitez pas. A lire et à conserver.

Riveneuve éditions, Paris, 2015, 349 pages, 26 €.

Source : Guerres & Conflits