Observer, renseigner, transmettre, telles sont les missions imparties aux dragons parachutistes du 13e RDP, spécialisés dans la recherche en territoire hostile, « au-delà du possible ».

Le 4  octobre 1776, en Languedoc, Charles-Louis de Chemerault, marquis de Bardezières, lève un régiment de dragons « de gentilshommes ». Nommé régiment des « dragons de Monsieur », en l’honneur du frère de Louis XVI, il devient le 13e régiment de dragons, selon le rang d’ancienneté dans l’arme, le 1er janvier 1791.

Le régiment se bat en France et en Belgique, avant de participer avec honneur à toutes les campagnes du premier Empire. Il se distingue particulièrement à Hohenlinden (1800), Austerlitz (1805), Iéna (1806), la Moskowa (1812). Dissous le 6 décembre 1815 après Waterloo, il est recréé le 20 décembre 1855 sous Napoléon III, comme régiment des dragons de la garde impériale et devient le 1er  janvier 1857 le régiment des dragons de l’Impératrice. Il participe aux batailles d’Italie et de la guerre franco-allemande. En 1871, il reprend son ancienne dénomination. Il s’illustre au cours de la Premiere Guerre mondiale à Ypres (1914) et Verdun (1916). Mécanisé en 1936, il participe aux campagnes de Belgique et de France en 1940. Il perd la totalité de ses chars Somua à Dunkerque. Le régiment est évacué sur l’Angleterre, puis rapatrié en France, poursuit le combat jusqu’à l’armistice. Cité à l’ordre de l’armée, il est dissous. Reconstitué le 7 octobre 1944, il est engagé sur le front de l’Atlantique (poche de Royan). Réformé en 1952 à Castres, le 13e dragons devient parachutiste. Il débarque en Algérie en 1956 pour s’installer en Grande Kabylie dans le secteur d’Azazga. Il participe à toutes les grandes opérations : Algérois, frontière tunisienne, Ouest saharien, Constantinois. Il rentre en métropole en août 1962, après 7 ans de guerre où il a perdu 55 des siens au combat dont 3 officiers, auxquels il faut ajouter 137 blessés.

Le 13e RDP retrouve la métropole et s’installe à Castres, aux ordres du lieutenant-colonel Dunand-Henry. Il y reprend ses activités habituelles : instruction, sauts et manœuvres. A l’arrivée du lieutenant-colonel de Courson, en 1963, il reçoit sa vocation interarmes et se transforme en régiment de recherche. Le PC, l’ECS*, 2 escadrons de découverte et un escadron d’instruction font alors mouvement sur Nancy et Dieuze, où le 13e RDP prend possession des cantonnements ayant appartenus à l’armée impériale après l’annexion de la Lorraine à l’Allemagne en 1870.

Tout est à faire car les bâtiments sont dans un délabrement avancé : la première tâche sera de rendre les lieux habitables. Pendant ce temps, l’un des deux escadrons de découverte, qui incorpore la compagnie des commandos dissoute et stationnée à Langenargen, en République Fédérale d’Allemagne, prend la dénomination de 2e escadron du 13e RDP.

Demeurant inscrit sur la liste des formations aéroportées, quoique dégagé du cadre de la 11e division parachutiste, le 13e RDP fait partie, en cas de mobilisation, des forces de manœuvre. Présent lors des interventions effectuées au profit du pays africains liés à la France, le régiment « a permis, grâce à la multiplicité et à la mobilité de ses équipes opérationnelles, d’établir en toute sécurité les liaisons indispensables à l’acheminement du renseignement et à la transmission des ordres », tant à Kolwezi, aux côtés du 2e REP, qu’au Tchad et en Mauritanie.

Depuis les années 90, le « 13 » a participé à de nombreuses opérations : opération Daguet (1990-1991), Rwanda (1991), Yougoslavie (1992), Somalie (1992-1993), Cambodge (1993), Rwanda (1994), Comores (1995), RCA (1996-1997), Albanie (1997), Gabon (1998), Macédoine et Kosovo (1999) et depuis 2001 : Afghanistan, Cameroun, Ethiopie, Liban, Indonésie, Timor, Haïti, Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Mali…

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13e rdp 2

Durant l’été 2011, le régiment a quitté la Lorraine pour s’installer à Souge, en Gironde où se déroule tous les 2 ans, depuis 2013, le salon des forces spéciales « SOFINS ». Il est intégré au sein de la brigade des forces spéciales Terre (BFST).

A une époque où les opérations extérieures s’organisent à travers des GTIA (Groupes tactiques interarmes), il devient nécessaire de connaître l’ADN des unités ainsi que leur histoire car un savoir-faire est le résultat d’une longue chaîne de transmission intergénérationnelle, qui souvent dans le domaine militaire, s’inscrit dans la sueur et le sang. Ces soldats donnent beaucoup pour la France, le moindre que nous puissions faire est de consacrer un peu de notre temps à mieux les connaître à travers la lecture de ce livre réussi et passionnant.

* ECS : Escadron de commandement et des services

Editions Pierre de Taillac, format 22,3×29,7 cm, 208 pages, 300 photographies, 35 €

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