alesiaGrand spécialiste, internationalement reconnu, d’histoire militaire romaine et auteur de près d’une vingtaine d’ouvrages, dont récemment (ré)édités l’Histoire militaire des guerres puniques, César chef de guerre et Spartacus chef de guerre, Yann Le Bohec a publié en 2012 cette étude très solide désormais disponible en format poche.

L’auteur remet longuement en contexte la guerre des Gaules en soulignant la volonté de César d’obtenir un succès utile au plan politique intérieur, présente les profondes divisions entre les peuples gaulois et résume le déroulement des opérations avant Alésia, entre – 57 et – 53 av. J.-C. L’essentiel du livre, à partir de la page 59, est donc consacré à la campagne de – 52 et à la bataille d’Alésia elle-même.

Yann Le Bohec revient sur la polémique relative à la localisation du site pour conclure : « En conclusion et en bonne méthode, il vaut mieux suivre pour l’instant et jusqu’à preuve du contraire l’avis de la majorité des chercheurs : l’Alésia de la guerre des Gaules correspond à Alise-Sainte-Reine, qui se trouve dans la Côte-d’Or, en Bourgogne ». Il établit une comparaison intéressante (quoiqu’assez classique) entre les deux chefs, César et Vercingétorix, et les deux armées, légions romaines et leurs alliés d’une part, coalition gauloise d’autre part, qui ne tient véritablement que par la personne de son chef.

Il traite bien sûr longuement de « l’art de la guerre de siège », la poliorcétique, romaine à Alésia et surtout détaille (ce que de nombreux lecteurs apprendront sans doute) les quatre batailles distinctes qui scandent en fait l’histoire générale du siège. Mettant en relief le rôle essentiel même s’il fut trop tardif de Vercingétorix (et nous ne sommes pas là dans le « roman national »), contraint de se rendre après l’ultime échec de l’armée de secours, Yann Le Bohec le rappelle en conclusion : « Après la défaite de Vercingétorix devant César à Alésia, la Gaule se romanisa peu à peu, la Gaule celtique devint la Gaule romaine. Et c’est ainsi que la Gaule donna naissance à la France ».

Un petit volume indispensable.

Texto, Paris, 2016, 222 pages. 8,50 euros.

Source : Guerres & Conflits